Le Progrès : 33 ans d’innovation face aux défis numériques
Le Progrès fête ses 33 ans : Une école de journalisme face aux défis du numérique
Fondé le 31 août 1993 à N’Djamena, le journal « Le Progrès » a célébré son 33e anniversaire, marquant par ailleurs plus de trois décennies de défi dans le paysage médiatique tchadien. Des membres de la rédaction, des invités et des médias partenaires se sont rassemblés dans les locaux du journal pour souligner cet événement marquant.
Depuis ses débuts modestes sans imprimerie propre ni budget publicitaire significatif, « Le Progrès » a su persister et croître. Le journal a été lancé par Mahamat Hissène, un journaliste formé à l’ATPE, à la Télé Tchad et à la Radio Tchad. Sur le marché à l’époque, seuls « Tchad et Culture » et « N’Djamena Hebdo » figuraient comme principales publications, ce qui situe « Le Progrès » comme le troisième titre après ces deux pionniers.
Abderaman Abakar, actuel directeur du développement et de la stratégie au sein de « Le Progrès », et ancien directeur de publication, se souvient du parcours semé d’embûches entrepris par Mahamat Hissène. Avant le succès de ce journal, Hissène avait déjà tenté une aventure médiatique avec un hebdomadaire nommé Sabayom en 1980, arrêté au bout de quatre mois suite à des complications politiques et sécuritaires.
C’est cette persévérance qui est mise en avant par Abakar comme modèle pour les jeunes journalistes. « Le Progrès », durant son parcours, a su se transformer en une véritable pépinière journalistique, formant de nombreux professionnels du secteur. Prônant la formation sur le tas et l’accompagnement des nouvelles générations, le journal accueille chaque année un grand nombre de stagiaires, offrant à ces derniers une première fenêtre sur le monde des médias.
Toutefois, Abakar reconnait que « Le Progrès », comme de nombreuses autres publications de sa génération, rencontre des défis importants face à la transformation numérique. « Le numérique est à la fois une opportunité et un défi. La transition a été difficile », admet-il. Dans cet univers en constante évolution, la crédibilité et l’exigence de qualité éditoriale restent des priorités essentielles. Pour Abakar, « le vrai patron du journal, c’est le lecteur », une maxime qui souligne l’importance capitale de maintenir la confiance du public.
Le rôle formateur joué par « Le Progrès » s’étend d’ailleurs au-delà de ses murs, puisque beaucoup d’anciens stagiaires se retrouvent aujourd’hui dans des organisations et ministères du pays, facilitant ainsi le travail d’investigation et de reportage de la rédaction grâce à ces relations nouées au fil des ans.
Malgré les obstacles, « Le Progrès » incarne l’audace et la détermination. Les épreuves du passé, comme l’absence d’une imprimerie et les reportages menés à vélo, sont aujourd’hui des badges d’honneur pour ceux qui y ont travaillé. Abakar encourage les jeunes à faire preuve de la même audace et à tirer parti des nouvelles technologies pour se former et se développer professionnellement.
En conclusion, à l’aune de ses 33 ans, « Le Progrès » précise son intention de continuer à innover pour « mieux affronter ce qui reste » et prouver que dans l’ère numérique actuelle, il y a toujours une place pour une presse de qualité. La célébration de cet anniversaire est aussi un appel au partenariat et à la collaboration avec de nouveaux acteurs médias, souvent des anciens stagiaires, pour enrichir le paysage médiatique tchadien.