Santé : adoption d’une loi sur la greffe rénale au Tchad

Santé : L’Assemblée nationale du Tchad adopte une loi sur la transplantation rénale

Le vendredi 26 juin, l’Assemblée nationale du Tchad a franchi une étape significative pour le secteur de la santé du pays en adoptant une loi encadrant le prélèvement et la transplantation rénale à partir de donneurs vivants. La session plénière, présidée par le président de l’Assemblée nationale, Ali Kolotou Tchaïmi, a vu la participation notable du ministre de la Santé publique, Dr Abdelmadjid Abderahim. Cette législation représente un tournant crucial pour les milliers de patients tchadiens souffrant d’insuffisance rénale chronique.

Le nouveau cadre légal vise à structurer, sécuriser et garantir des pratiques de transplantation d’organes au Tchad. Il ouvre la voie à des traitements plus adaptés localement, diminuant ainsi la dépendance à la dialyse, un procédé coûteux et contraignant. Cette loi introduit des normes éthiques et médicales internationales pour le développement des greffes rénales à partir de donneurs vivants.

Lors de la séance, Dr Abdelmadjid Abderahim a défendu le projet avec détermination, répondant aux préoccupations des députés quant aux capacités techniques et humaines actuelles du pays. Le ministre a affirmé : « Nous avons une compétence ici, avérée. Nous avons un plateau technique performant et un système qui se construit. Cette loi, c’est une batterie juridique qui permet de réglementer la transplantation rénale. »

Le ministre a également mis en avant les efforts en matière de formation de spécialistes, citant la création d’une spécialité de néphrologie en 2023. « Nous avons créé une spécialité de néphrologie qui forme les médecins depuis 2023. Et je pense que d’ici 2027, on aura assez de personnes », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’un développement à long terme des ressources humaines.

Abderahim a également souligné les bénéfices médicaux et humains des transplantations rénales. « La dialyse est un traitement de substitution. C’est un malade condamné à se faire dialyser. Il est exposé à toutes les conditions. Il n’a pas de vie. Tandis que la transplantation rénale est un modèle chirurgical qui permet de restaurer la vie, faire sortir ces malades condamnés à la dialyse, leur redonner dignité et autonomie », a-t-il expliqué.

Après des discussions riches en échanges, la proposition de loi a été largement adoptée avec 157 voix pour, 1 contre et 4 abstentions. Cette adoption marque un pas en avant indéniable pour le système de santé tchadien et apporte une lueur d’espoir aux patients en attente d’une alternative à la dialyse.

L’initiative législative témoigne de la volonté du Tchad de moderniser et d’améliorer de manière substantielle son offre de soins de santé. En inculquant ces changements, le pays aspire à fournir une meilleure qualité de vie aux patients atteints de maladies rénales et à renforcer globalement son infrastructure médicale.