Sarh : Mobilisation des autorités pour prévenir les conflits
Tchad : Mobilisation à Sarh pour prévenir les conflits agropastoraux
Le 3 octobre 2026, une rencontre cruciale a eu lieu au Palais des Arts et de la Culture Ngarta Tombalbaye de Sarh, dans la province du Moyen-Chari, afin d’aborder les enjeux liés aux déplacements précoces de bétail et de prévenir les conflits agropastoraux. Cette concertation a rassemblé un large éventail de participants, incluant des autorités administratives, des membres des forces de défense et de sécurité, ainsi que des représentants de divers groupes communautaires, tels que les leaders religieux, les organisations de la société civile, et des délégués de la jeunesse et des femmes.
La réunion a été présidée par Abderamane Ahmat Bargou, délégué général du gouvernement auprès de la province du Moyen-Chari. Elle s’inscrit dans le cadre des recommandations émises par le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, qui a diffusé une circulaire le 28 septembre 2026, exhortant à la mise en œuvre de mesures visant à prévenir les conflits liés à la transhumance.
Au cours des discussions, les délégations des différents ministères concernés ont fait part de leurs analyses respectives. La délégation de l’Agriculture a mis en avant la nécessité de protéger les surfaces cultivées des intrusions de bétail, soulignant les conséquences néfastes sur les récoltes locales. À son tour, la délégation de l’Élevage a plaidé pour une meilleure organisation des déplacements des animaux, tout en plaidant pour la préservation des couloirs de transhumance, essentiels à la mobilité des troupeaux.
De son côté, la délégation de l’Environnement a alerté sur la pression grandissante sur les ressources naturelles, en référence à l’accès difficile aux points d’eau et aux pâturages. Les représentants du commerce ont fait remarquer que les tensions communautaires avaient des répercussions directes sur les échanges et les activités économiques de la région, exacerbant encore les défis à relever.
Les débats qui se sont ensuivis ont permis d’identifier plusieurs difficultés. Parmi celles-ci, le non-respect des couloirs de transhumance et des calendriers de déplacement a été soulevé comme un problème majeur, tout comme l’arrivée en avance de transhumants en provenance de provinces voisines. Ces comportements créent des tensions entre agriculteurs et éleveurs, potentiellement sources de conflits.
Pour remédier à cette situation, divers axes d’amélioration ont été proposés. Parmi les suggestions : renforcer la sensibilisation des communautés, promouvoir un dialogue permanent entre les différents groupes sociaux, améliorer la surveillance des itinéraires empruntés et renforcer la coordination entre les différents services compétents impliqués dans la gestion de ces questions.
Abderamane Ahmat Bargou a insisté sur le fait que l’anticipation et le dialogue étaient des outils cruciaux pour calmer les tensions avant qu’elles ne s’intensifient. Il a encouragé les participants à prendre leurs responsabilités afin de garantir la sécurité des populations et de préserver la cohésion sociale, éléments essentiels à la vie commune dans cette région du Tchad.
La rencontre a ainsi marqué un pas vers une meilleure gestion des relations entre agriculteurs et éleveurs, dans un contexte où la disponibilité des ressources naturelles est de plus en plus mise à mal par les changements climatiques et la pression démographique. Ce type de concertation représente une initiative nécessaire pour favoriser la paix sociale et le développement durable dans le Moyen-Chari.