Sécheresse : désolation chez les agriculteurs de Nya Pendé

Rareté des pluies : les agriculteurs de la Nya Pendé dans la désolation

Dans le département de la Nya Pendé, situé dans la province du Logone oriental, la population agricole est en proie à une profonde inquiétude face à une situation critique marquée par la rareté des pluies. Ce phénomène climatique exacerbé par des invasions de criquets menace gravement la sécurité alimentaire de la région. Un constat sur place, effectué le 10 septembre 2026, a révélé l’ampleur des problèmes rencontrés par les agriculteurs.

Dans les localités de Goré, Donia et Doholo, les effets du déficit pluviométrique sont dévastateurs. Les champs de mil, de niébé, de maïs et d’arachide, principales cultures de la région, sont touchés par un assèchement précoce. Seuls quelques plants survivent encore à la chaleur persistante, mais finissent par succomber aux passages destructeurs des criquets. En conséquence, la production agricole, traditionnellement prévue pour septembre et octobre, est cette année sérieusement compromise.

Takilal Rodrigue, chef de canton de Donia, exprime son désarroi face à l’état des cultures. Il affirme que les cultivateurs ont subi des pertes totales. « Nos parents cultivateurs ont tout perdu cette année. Il n’y a rien à récolter dans les champs. Tout est sec, et même les quelques plants qui tentent de résister sont détruits par les criquets ravageurs. Nous demandons à l’État et à ses partenaires de nous venir en aide avant qu’il ne soit trop tard », plaide-t-il avec insistance.

À Doholo, l’histoire se répète pour un agriculteur qui a vu ses quinze hectares de maïs anéantis par les criquets. Celui-ci raconte avoir semé à trois reprises, mais sans succès, faute de pluie suffisante pour assurer la survie des plantations. « Je ne sais plus quoi faire. Je suis marié et père de treize enfants : comment dois-je les nourrir ? » s’interroge-t-il avec angoisse.

La situation est tout aussi critique à Goré et dans les environs, où les inquiétudes se font fortement entendre. Le chef de secteur de l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER) de la Nya Pendé, Ndouba Modeste, confirme la gravité de la situation. Il explique que la combinaison des attaques de criquets et du déficit pluviométrique a considérablement affecté la production agricole. Le maraîchage de contre-saison, qui pourrait aider à pallier le déficit en nourriture, est lui aussi menacé, faute d’eau suffisante dans les bassins versants. « Il est difficile, pour l’instant, de trouver une solution adaptée », confie-t-il, visiblement préoccupé.

Face à cette situation alarmante, les producteurs, les organisations communautaires et les autorités locales exhortent l’État ainsi que leurs partenaires internationaux à intervenir rapidement. L’urgence est d’ordre public et vise à éviter que la Nya Pendé ne plonge dans une crise alimentaire encore plus aiguë. La rareté des pluies, combinée à des facteurs aggravants tels que les invasions de criquets, met en lumière les défis auxquels cette région fait face et soulève des questions sur la gestion et l’adaptation climatique nécessaire pour sécuriser les moyens de subsistance des agriculteurs locaux.