SET N’Djaména : contestation de la suspension

Suspension contestée du bureau du SET à N’Djaména : un bras de fer syndical

N’Djaména, Tchad – Le climat est tendu au sein du Syndicat des enseignants du Tchad (SET) à la suite de la suspension du bureau provincial de N’Djaména, une décision émanant du Bureau exécutif national. Cette annonce a provoqué une vive réaction chez les enseignants de la capitale, qui se sont rassemblés en assemblée générale d’urgence le mercredi 23 septembre, dans les locaux de leur permanence.

Abdelkadre Djibia, secrétaire général de la section SET de N’Djaména, a exprimé publiquement son rejet ferme de cette suspension, soutenu par l’ensemble des cellules de la section provinciale. Les enseignants dénoncent une mesure qu’ils qualifient d’unilatérale et inappropriée, et demandent la démission du Bureau exécutif national. Ils appellent par ailleurs l’ensemble des sections du pays à manifester leur solidarité avec les enseignants de N’Djaména.

Selon Abdelkadre Djibia, l’annonce de la suspension a été une surprise totale pour le bureau de N’Djaména, qui dit avoir découvert la décision via les réseaux sociaux. Le Bureau exécutif national invoque les articles 40 et 43 du règlement intérieur pour justifier la suspension. Toutefois, Djibia conteste cette justification, en citant les termes exacts des articles. Il rappelle que l’article 39 du chapitre 4 liste les sanctions possibles, allant de l’avertissement au blâme, en passant par la suspension ou des poursuites judiciaires, mais toujours à l’égard de comportements jugés fautifs tels que l’absence inexpliquée, l’insubordination ou le détournement de fonds.

De son côté, Djibia insiste sur le fait que les procédures de sanction doivent respecter le cadre fixé par les statuts du syndicat. Selon lui, l’article 40 stipule clairement que toute décision de sanction doit être prise par le conseil de l’organe concerné et approuvée par une majorité qualifiée des deux tiers de ses membres. Abdelkadre Djibia dénonce ainsi la décision de suspendre un bureau entier, qu’il considère comme allant à l’encontre des règles, car seule une sanction dirigée vers des individus spécifiques peut être décidée et uniquement par le conseil correspondant.

Le secrétaire général souligne également que l’article 43 précise que les sanctions sont exécutées par le conseil de l’organe de gestion des militants, sur la base d’une proposition émanant du bureau exécutif. Or, selon lui, le bureau exécutif national ne dispose pas de l’autorité nécessaire pour gérer directement les sections provinciales. « Si des sanctions doivent être prises, ce sont les conseils provinciaux qui doivent en décider », a-t-il déclaré.

En guise de défi, Abdelkadre Djibia a affirmé qu’il préférerait subir des conséquences personnelles plutôt que de trahir les enseignants qu’il représente. Il conclut en déclarant que cette décision de suspension est « arbitraire, illégale et caduque », refusant de la reconnaître tant qu’elle ne se conformera pas aux textes réglementaires du SET.

La situation au sein du Syndicat des enseignants du Tchad reste donc houleuse. Le bureau de N’Djaména attend désormais de voir la réponse du Bureau exécutif national, tandis que les tensions continuent d’agiter les différentes strates de l’organisation. Cette affaire pourrait bien prendre une ampleur nationale si d’autres sections manifestaient leur soutien à la section de N’Djaména, compliquant encore davantage le contexte éducatif actuel au Tchad.