SHT-AILC au Tchad : Ibedou exige transparence après une intervention
Affaire SHT- AILC au Tchad : Ibedou dénonce une intervention controversée et réclame plus de transparence
L’incident récent qui a éclaté au sein de la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT) suscite de vives réactions au sein de la communauté nationale. Mahamat Nour Ahmed Ibedou, ancien président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) et militant des droits humains, a soulevé des préoccupations majeures en dénonçant ce qu’il qualifie de « gangstérisme d’État ». Selon lui, cette situation met en lumière des questions cruciales concernant l’indépendance des contrôles publics et la gestion des ressources stratégiques du pays.
Dans une déclaration publique, Ibedou exprime son inquiétude face à l’influence potentielle de réseaux de pouvoir qui seraient en train de s’immiscer dans plusieurs régies financières et secteurs clés de l’État. Il souligne qu’un manque de contrôle efficace pourrait engendrer des pertes significatives des ressources publiques, accentuant ainsi un sentiment d’inquiétude quant à la transparence dans le secteur pétrolier.
Concernant la situation à la SHT, Ibedou note que la réaction face au contrôle exercé par l’Autorité de régulation des hydrocarbures (AILC) pourrait être interprétée comme une défense des intérêts en jeu, notamment en raison de la nature sensible des opérations liées à la commercialisation du pétrole. Bien qu’il évoque de potentielles irrégularités dans certaines transactions, il reconnaît ne pas disposer actuellement d’éléments probants permettant de les établir de manière définitive.
De son côté, l’AILC a tenu à clarifier sa position, affirmant que ses agents opéraient dans le cadre d’une mission régulière de vérification sur la gestion de la SHT. Cette mission a inclus un examen approfondi des documents relatifs à la commercialisation du pétrole brut ainsi qu’à des factures adressées à la société Glencore. Les représentants de l’AILC rapportent que plusieurs de leurs agents ont été interpellés et menottés, ce qui, selon eux, constitue une entrave à l’exercice de leurs missions d’audit. L’institution a également annoncé la poursuite de ses investigations pour éclaircir la situation.
Cependant, la SHT conteste cette version des faits. La société affirme avoir coopéré avec la mission de contrôle et avoir fourni tous les documents requis. Néanmoins, elle dénonce les modalités de l’intervention, qualifiant la présence d’un dispositif armé de « disproportionnée ». Selon la SHT, la Directrice commerciale aurait été retenue pendant plusieurs heures dans son bureau, une situation qu’elle juge inacceptable. La société émet également des réserves sur le respect des procédures lors de cette intervention, rejetant toute accusation d’obstruction à la mission de l’AILC.
Ce dissensus entre les différentes parties met en lumière les tensions qui existent autour de la gestion des ressources pétrolières au Tchad, un secteur crucial pour l’économie nationale. Le besoin de plus de transparence et de régulation dans les activités liées aux hydrocarbures apparaît comme un sujet incontournable dans le débat public actuel. Alors que les investigations se poursuivent, la population tchadienne attend des éclaircissements sur la conduite de ces opérations et sur le respect des normes de transparence.