« Six ans sans élection au Tchad »
Miss Tchad : Une Absence de Six Ans qui Se Fait Sentir
Depuis 2020, le Tchad n’a plus organisé l’élection nationale de Miss Tchad, une pause de six ans qui laisse un vide sur la scène culturelle et représente une perte notable pour la promotion de la culture tchadienne. Ronelyam Grâce Siam, la dernière Miss Tchad couronnée, date de cette période-là, mais depuis, aucun concours n’a été relancé, suscitant des inquiétudes parmi les acteurs de la mode et de la culture au Tchad.
Hissein Adamou Camara, styliste et ancien membre du Comité national Miss Tchad 2017 (CONAMIT), a expliqué cette interruption par plusieurs raisons convergentes. Dans un premier temps, il mentionne la pandémie de COVID-19 qui a commencé cette même année et qui a réduit la visibilité internationale de l’édition alors couronnée. Aujourd’hui, l’obstacle majeur réside dans les contraintes budgétaires, un problème récurrent qui empêche la relance de cet événement majeur.
L’élection de Miss Tchad, bien au-delà d’un simple concours de beauté, joue un rôle crucial dans la mise en avant du pays sur les scènes internationales. Selon Hissein Adamou Camara et d’autres acteurs de la culture interrogés, une Miss nationale ne se contente pas de rendre hommage à la beauté tchadienne; elle est une ambassadrice capable de porter des projets sociaux, de représenter le Tchad lors d’événements internationaux et d’en promouvoir la culture et le tourisme.
L’absence de cette plateforme officielle a des conséquences directes sur les jeunes filles aspirant à évoluer dans le milieu du mannequinat et des concours de beauté. Certaines se voient obligées de passer par d’autres circuits, parfois dans des pays voisins, pour tenter leur chance dans les scènes régionales sans reconnaissance nationale, un processus que Hissein Adamou Camara déplore comme étant un frein à leur épanouissement.
Pour Kaltouma Sindigué, Miss Tchad 2019, l’absence d’une titulaire nationale reconnue affecte également la présence du Tchad dans les concours internationaux tels que Miss World, Miss Universe, et bien d’autres. Ces événements exigent généralement une représentante nationale officielle, une fonction que le Tchad ne peut assurer sans une Miss Tchad en titre.
Cette situation est regrettable non seulement pour les jeunes femmes, mais aussi pour le pays, qui perd une opportunité précieuse de promouvoir ses richesses culturelles et traditionnelles sur une plateforme mondiale. Sur le plan national, cela nuit à la dynamisation et à la reconnaissance des talents féminins, empêchant la mise en lumière des initiatives locales en matière de mode, de culture et d’entrepreneuriat féminin.
Des initiatives privées telles qu’Impact Model Agency, Les Gazelles du Sahel, Africa Queen et Camara Création tentent de maintenir un certain dynamisme en offrant des formations et des cadres d’expression aux jeunes talents féminins. Cependant, comme le souligne Kaltouma Sindigué, ces efforts ne peuvent remplacer un concours officiel national.
Face à cette impasse, les voix s’élèvent pour demander une relance du concours Miss Tchad. Hissein Adamou Camara soutient que si l’État n’est pas en mesure de fournir les moyens nécessaires, il serait souhaitable que le secteur privé s’implique davantage en aidant à lever des fonds et à organiser l’événement. De son côté, Kaltouma Sindigué insiste sur une approche collective impliquant les pouvoirs publics, les acteurs culturels et les promoteurs privés pour aboutir à une solution viable et durable.
Après six ans d’interruption, la relance de Miss Tchad apparaît comme un enjeu crucial non seulement pour la reconnaissance et la valorisation des jeunes femmes tchadiennes, mais également pour restaurer la visibilité et l’influence culturelle du Tchad sur la scène internationale.