Soudan : l’ONU évoque le territoire tchadien, N’Djamena s’en défend

Soudan : l’ONU accuse le Tchad d’être utilisé comme voie de transit, mais N’Djamena dément

Dans un rapport rendu public le 1er septembre 2026 par la Mission internationale indépendante d’établissement des faits pour le Soudan, l’ONU a affirmé que des portions du territoire tchadien étaient utilisées pour le transit de moyens logistiques au profit des Forces de soutien rapide (FSR) engagées dans le conflit soudanais. Les autorités tchadiennes ont rejeté ces accusations, rappelant leur position de neutralité dans ce conflit.

Le rapport, présenté au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, se penche sur les réseaux externes ayant renforcé les capacités militaires des différentes factions engagées dans la guerre au Soudan. La mission déclare avoir des raisons de croire qu’un vaste réseau transnational a facilité les opérations des FSR via des voies aériennes, terrestres et maritimes reliant les Émirats arabes unis, le Tchad, le sud-est de la Libye et le Puntland, en Somalie.

Les enquêteurs rapportent que divers sites au Tchad ont fonctionné comme points de transit pour l’acheminement d’armes, de personnel et d’autres fournitures militaires vers les zones contrôlées par les FSR. Des témoins ont décrit des itinéraires stratégiques, notamment à travers Bosaso, en Somalie, Benghazi, Kufra et Jufra, en Libye, ainsi que sur le sol tchadien. Parmi les équipements évoqués dans le rapport, on trouve des obusiers NORINCO AH-4 de 155 mm, des systèmes de défense antiaérienne FK-2000, des radars, des véhicules blindés, ainsi que des uniformes et du matériel médical destiné aux combattants des FSR.

La mission a également souligné des témoignages d’acheminement régulier de matériel militaire en provenance des Émirats arabes unis, transité par le Tchad avant d’atteindre des zones sous le contrôle des FSR au Soudan. De plus, la présence de contractuels colombiens impliqués dans le soutien opérationnel des FSR a été mentionnée. Ces derniers auraient été impliqués dans l’utilisation et la maintenance de drones de surveillance et d’équipements militaires complexes.

Le rapport souligne également la présence de combattants originaires du Tchad, du Soudan du Sud et d’Éthiopie au sein des FSR. Ces combattants seraient principalement engagés aux avant-postes, identifiables par leur accent et leurs uniformes.

En réponse à ces allégations, les autorités tchadiennes ont formellement rejeté toute implication dans les activités de soutien aux FSR. Dans une communication officielle envoyée le 16 juin 2026, le Tchad a réaffirmé son engagement envers la souveraineté soudanaise et sa stricte neutralité dans le conflit. N’Djamena a également indiqué avoir renforcé ses dispositifs de surveillance aux frontières pour prévenir toute infiltration d’éléments armés et le trafic illégal d’armes.

Les autorités tchadiennes soutiennent manquer d’informations sur l’acheminement d’armements ou de matériel militaire à travers leur territoire et démentent que des installations aient été utilisées pour soutenir militairement l’une des parties du conflit.

Il est important de noter que le rapport de la mission ne tient pas l’État tchadien pour responsable de l’organisation de ces opérations logistiques. La mission reconnaît les nombreux défis auxquels le Tchad est confronté, tels que l’afflux massif de réfugiés et l’extension de ses frontières, qui compliquent la surveillance.

Cependant, la mission pointent le rôle d’acteurs privés et de réseaux transnationaux ayant pu utiliser des zones reculées du Tchad pour des activités logistiques au service des FSR. Les enquêteurs ont appelé les autorités tchadiennes à mener une enquête approfondie sur ces activités, à renforcer la surveillance des frontières et à agir pour prévenir toute nouvelle utilisation de leur territoire à des fins militaires. La communauté internationale est également incitée à soutenir le Tchad dans ces efforts.

Au-delà de ces allégations, le rapport indique que la situation des FSR est soutenue par un vaste réseau transnational qui leur permet d’accéder à des armes, du matériel militaire, ainsi qu’à des formations et à du personnel étranger. Des intermédiaires et entreprises privées de pays comme la Colombie, les Émirats arabes unis, le Tchad, la Libye et la Somalie semblent jouer un rôle clé dans cette dynamique complexe.