Soudan : retrait de l’ambassadeur en Éthiopie après les frappes de drones sur Khartoum
Escalade des tensions entre le Soudan et l’Éthiopie suite à des attaques de drones
Le Soudan a intensifié ses relations tendues avec l’Éthiopie en rappelant son ambassadeur à Addis-Abeba, après avoir accusé le pays voisin de frappes de drones ayant visé l’aéroport international de Khartoum.
Les tensions se sont accentuées lundi lorsque le Soudan a affirmé que les drones avaient décollé depuis l’aéroport de Bahir Dar, en Éthiopie. Selon le ministre soudanais des Affaires étrangères, Mohi El-Din Salem, cette provocation pourrait mener à une confrontation directe. Il a souligné la légitimité du Soudan à répondre à ce qu’il qualifie d’agression.
Mohi El-Din Salem a déclaré mardi que l’ambassadeur était rappelé pour consultations, ajoutant que le Soudan ne cherche pas le conflit, mais répondra à toute attaque. Asim Awad Abdelwahab, porte-parole des forces armées soudanaises, a renforcé cette position en promettant une réplique « deux fois plus forte » de l’armée soudanaise.
Lundi, des drones ont ciblé l’aéroport de Khartoum et plusieurs sites militaires de la capitale, déclenchant explosions et panaches de fumée. Les autorités ont évacué le personnel et fermé l’aéroport pendant 72 heures en mesure de précaution. Bien que les attaques n’aient pas causé de blessés ni de dégâts majeurs, la situation demeure tendue avec un trafic aérien interrompu.
Les frappes ont également touché les environs du Corps des transmissions à Bahri et le camp d’Al-Markhiyat à Omdourman, mais l’ampleur des dommages reste incertaine. L’usage croissant de drones dans les opérations militaires au Soudan soulève des inquiétudes sur leur impact sur la population civile.
Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans un conflit entre ses Forces armées et les Forces de soutien rapide, causant des dizaines de milliers de morts et des déplacements massifs. L’incident actuel avec l’Éthiopie exacerbe une situation déjà volatile, mettant en péril la stabilité régionale.
La crise présente une nouvelle complexité à une région déjà fragile, et l’évolution des tensions sera surveillée de près par la communauté internationale.