Tchad : 15 ans de prison pour le général Abdoulaye Miskine

Tchad : le général Abdoulaye Miskine condamné à 15 ans de prison ferme

Le 9 septembre 2026, la chambre criminelle du Palais de justice de N’Djamena a rendu son verdict dans l’affaire du général tchadien Abdoulaye Miskine, le condamnant à 15 ans de prison ferme. En plus de cette peine d’emprisonnement, Miskine a été condamné à verser une amende de 30 millions de francs CFA pour chaque famille de victimes. Ses coaccusés, notamment Abdel-Azize Groh, Adam Rakhis et Rongo Djouma, ont également reçu des peines de 10 ans de prison ferme.

Ce procès a été marqué par des tensions palpables, tant dans la salle d’audience qu’en dehors. Les débats avaient débuté le 4 septembre 2026, où le ministère public avait plaidé pour une peine de 30 ans de réclusion contre Miskine, tandis que des peines de 10 ans étaient demandées pour ses coaccusés. Tous étaient poursuivis pour des faits liés à la tentative de création ou de résurrection de mouvements clandestins.

En temps normal, une décision de cette nature serait accueillie avec des manifestations tant de soutien que d’opposition, mais cette fois, la situation était encore plus délicate. La partie civile, représentant les intérêts des victimes présumées, avait exigé le versement de 24 milliards de francs CFA en réparation pour les préjudices subis, soulignant la gravité des accusations portées contre les accusés.

La défense, conduite par Me Benjamin Mamgodibaye, a contesté fermement les charges. Les avocats ont avancé plusieurs arguments. Ils ont d’abord soulevé la question de la compétence territoriale de la juridiction tchadienne, affirmant que les faits reprochés s’étaient déroulés en République centrafricaine. Ensuite, ils ont plaidé pour la prescription des faits, rappelant que les incidents remonteraient à 2002 tandis que la plainte n’avait été déposée qu’en 2020. L’équipe de défense a aussi dénoncé l’insuffisance des preuves matérielles, en notant l’absence de certificats de décès ou de procès-verbaux pouvant étayer les accusations portées.

Le verdict en date du 9 septembre représente une étape significative dans le traitement de la justice au Tchad, une nation où les affaires judiciaires impliquant des personnalités militaires et politiques ont souvent suscité des préoccupations concernant l’impartialité et la transparence des procédures. Cette affaire ne manquera pas d’alimenter les débats publics sur la gouvernance et l’état de droit dans le pays, et son impact sera scruté de près par les observateurs tant nationaux qu’internationaux. La suite de cette affaire et les éventuelles réactions des parties concernées restent à suivre avec attention.