Tchad : 95 % des enfants menacés par les risques climatiques

Tchad : les enfants parmi les plus exposés aux risques climatiques, alerte l’Unicef

Les enfants tchadiens se trouvent parmi les populations les plus vulnérables au monde face aux impacts du changement climatique, d’après un rapport alarmant publié par l’Unicef le 15 juin. Selon ce document, plus de 95 % des jeunes vivant dans ce pays d’Afrique centrale sont exposés simultanément à au moins trois risques climatiques majeurs : sécheresse, chaleur extrême et canicule.

Ce constat s’inscrit dans un contexte mondial préoccupant où plus d’un milliard d’enfants subissent au moins trois aléas climatiques. L’Unicef a croisé les données démographiques de 2,4 milliards d’enfants avec la répartition géographique de huit dangers climatiques majeurs, notamment les inondations, tempêtes et incendies, pour arriver à ces conclusions.

Environ 2,3 milliards d’enfants dans le monde vivent exposés à un risque, tandis que deux milliards affrontent au moins deux dangers climatiques. Le rapport révèle que 1,1 milliard subissent trois aléas climatiques simultanément, avec une prépondérance de la combinaison sécheresse, chaleur extrême et canicule affectant 296 millions d’enfants.

Bien que des pays tels que le Nigeria, l’Inde, le Pakistan et le Bangladesh contiennent le plus grand nombre d’enfants exposés, l’Afrique subsaharienne, et le Sahel en particulier, est la plus affectée proportionnellement. Le Tchad, aux côtés de la République centrafricaine, du Mali, du Niger et du Soudan du Sud, montre des taux d’exposition parmi les plus élevés.

La vulnérabilité des enfants ne se limite pas aux phénomènes climatiques eux-mêmes. Elle est exacerbée par l’accès limité aux services essentiels tels que la santé, l’eau potable, la nourriture, l’éducation et la protection sociale. Les capacités restreintes des gouvernements à répondre efficacement aux crises accentuent les difficultés, comme le souligne le rapport.

La situation au Tchad est d’autant plus critique, car le pays fait face à une crise humanitaire persistante marquée par un manque d’accès à l’eau, à l’électricité et à la nourriture. Plus de 95 % des enfants tchadiens subissent la combinaison dévastatrice de sécheresse, chaleur extrême et canicule, un des taux les plus élevés au monde.

L’Unicef met en garde contre un « cercle vicieux » où la sécheresse réduit les récoltes, augmentant l’insécurité alimentaire et rendant les sols plus vulnérables aux incendies et aux inondations lorsque les pluies surviennent. Ces catastrophes détruisent infrastructures et habitations, entraînant des déplacements et privant de nombreux enfants d’éducation, tout en facilitant la propagation de maladies telles que le paludisme et le choléra.

Enfin, la directrice générale de l’Unicef, Catherine Russell, insiste sur le fait que « les enfants sont en première ligne face aux impacts du changement climatique ». Elle appelle les gouvernements et partenaires internationaux à intensifier les efforts pour adapter et renforcer les systèmes de protection pour les populations les plus vulnérables, soulignant l’urgence de la situation dans divers pays déjà durement touchés.

Le rapport conclut qu’aucune région n’est épargnée par les conséquences du changement climatique. Tandis que certaines zones, comme la Scandinavie, sont moins exposées à certains des dangers climatiques identifiés, les enfants qui y vivent n’en sont pas moins confrontés à d’autres menaces environnementales, telles que la fonte des glaces.

Face à une aggravation attendue des impacts climatiques dans les décennies à venir, l’Unicef exhorte les responsables étatiques à renforcer les systèmes de santé, d’éducation et de protection sociale pour mieux protéger les enfants, premières victimes d’une crise dont ils ne sont pas responsables.