Tchad : défis électriques et routiers avant 2030

Tchad : un défi électrique et routier à quatre ans de 2030

À quatre ans de la date butoir de 2030, le Tchad se trouve à un tournant crucial concernant l’accès à l’électricité et le développement de ses infrastructures routières. Bien que le pays ait lancé un ambitieux projet dénommé « Tchad Connexion 2030 », les statistiques révèlent des lacunes persistantes qui nécessitent une attention urgente.

Accès à l’électricité : un combat essentiel

En 2022, le taux d’accès à l’électricité au Tchad n’était que de 12 %. L’objectif fixé pour 2030 vise un taux de 60 % au niveau national et 90 % dans les zones urbaines. Cette situation souligne un défi crucial : à peine un Tchadien sur huit bénéficiait d’une connexion électrique. Au quotidien, la population souffre de délestages fréquents et de coûts de production élevés, se réduisant souvent à l’utilisation de groupes électrogènes ou de sources d’énergie traditionnelles comme le bois.

Le gouvernement prévoit de mobiliser environ 1,1 milliard de dollars pour améliorer l’accès à l’électricité d’ici 2030. Mais l’enjeu ne se limite pas au confort domestique ; une électricité fiable est essentielle pour stimuler l’industrialisation, garantir une chaîne de froid efficace pour les denrées périssables et développer une économie numérique.

Infrastructures routières : des progrès nécessaires

Le Tchad, avec un territoire s’étendant sur 1 284 000 km², est le cinquième plus grand pays du continent africain. Toutefois, son réseau routier reste largement composé de pistes non revêtues. Selon la Banque africaine de développement, le pays dispose d’environ 40 000 km de routes, mais seulement 2 678 km de routes bitumées étaient achevées à cette date.

Des avancées sont néanmoins notées ; en 2025, les autorités ont annoncé la construction de 200 km de routes bitumées et l’aménagement de 1 657 km de voies en terre. Le défi est désormais de maintenir ces infrastructures, car une route mal entretenue peut rapidement devenir un frein à la mobilité et au commerce.

Le plan Tchad Connexion 2030 : une feuille de route ambitieuse

Le plan Tchad Connexion 2030, qui prévoit un investissement global d’environ 30,3 milliards de dollars, vise à transformer les infrastructures énergétiques, agricoles, industrielles, et numériques du pays. Sur le plan de l’électricité, il entend faire passer le taux d’accès de 12 % à 60 % d’ici 2030, tout en visant une couverture en eau potable de 100 %, contre 65 % en 2022. L’éducation n’est pas en reste, avec un objectif de 80 % de scolarisation primaire, contre 43 % actuellement.

Concernant le numérique, le gouvernement aspire à faire passer la pénétration d’Internet, qui était de 13,2 % début 2025, à 30 % d’ici 2030. Toutefois, l’atteinte de ces objectifs nécessitera des efforts colossaux en matière de financement, de construction et de maintenance.

Un avenir à bâtir

À l’approche de l’échéance de 2030, le Tchad doit faire face à des enjeux interconnectés : l’amélioration de l’accès à l’électricité et le développement d’un réseau routier fiable sont des priorités cruciales. Les infrastructures doivent être pensées de manière intégrée ; une route sans électricité ou un réseau électrique sans distribution n’auront qu’un impact limité sur l’économie.

Le Tchad possède des atouts incontestables, tels que ses ressources pétrolières et minières, une population jeune et une position géographique au cœur de l’Afrique. Toutefois, la tâche de transformer ces atouts en investissements productifs reste à réaliser.

Le verdict se fera sur le terrain

Soixante-six ans après son indépendance, le véritable enjeu ne réside pas seulement dans l’annonce de projets ambitieux, mais dans leur concrétisation. Combien de villages seront électrifiés ? Combien de kilomètres de routes seront effectivement bitumés et entretenus ? Ces questions détermineront le succès ou l’échec de « Tchad Connexion 2030 ».

Le Tchad ne peut plus se permettre de retarder ses grands chantiers. La lenteur des progrès pourrait compromettre l’avenir du pays, alors que le besoin de modernisation se fait de plus en plus pressant. Pour que la promesse d’un Tchad transformé en 2030 ne soit pas que des mots, l’efficacité des actions menées sera la clé de la réussite.