Tchad : Fatimé Boukar Kosseï témoigne après un an en prison

Tchad : Un an après son incarcération, l’ex-ministre Fatimé Boukar Kosseï partage son témoignage

Un an après avoir été placée derrière les barreaux, Fatimé Boukar Kosseï, ancienne ministre du Tchad et membre active de la société civile, a pris la plume pour s’adresser à ses proches et à ses concitoyens. Ce témoignage écrit depuis sa cellule fait état des moments douloureux qu’elle a vécus et livre ses réflexions acquises durant cette période difficile de détention.

Considérant sa cellule comme une véritable « école de la vie », Fatimé Boukar Kosseï a tenu à exprimer sa gratitude envers Allah, qu’elle décrit comme la source de sa résilience face à l’adversité. Elle rend également hommage à son défunt père, tout en évoquant le contexte de son incarcération, marqué par des divergences d’opinions sur sa condamnation.

« Je ne vous écris ni pour alimenter cette controverse ni pour solliciter votre compassion, mais pour partager ce que cette année m’a appris », explique-t-elle dans sa lettre. Cet aveu dénote une volonté de transcender les accusations qui pèsent sur elle, notamment celles de détournement de fonds. Consciente de la complexité du débat judiciaire, elle déclare laisser la justice suivre son cours, tout en s’en remettant également à la justice divine.

Ce parcours en prison a également mis en lumière, selon elle, les changements dans les comportements de son entourage. Face aux épreuves, la réaction de ses proches a été variable : certaines personnes se sont éloignées, tandis que d’autres, parfois inattendues, ont offert leur soutien. Cette expérience lui a permis de mieux comprendre les limites et les combats intérieurs de chacun, sans pour autant pointer du doigt quiconque.

Au-delà des difficultés liées à la détention, Fatimé Boukar Kosseï pointe le doigt sur une douleur plus intime : l’état critique de santé de sa mère. Dans ce moment difficile, sa mère a souffert de graves complications médicales et est restée dans le coma pendant plusieurs mois. L’impuissance de ne pouvoir être présente pour sa mère accentue, dit-elle, sa souffrance profonde et personnelle.

Dans son témoignage, elle remercie chaleureusement toutes les personnes qui lui ont témoigné leur affection ou qui se sont mobilisées pour sa famille. Elle mentionne notamment une personne clé qui a apporté un soutien substantiel en facilitant l’évacuation sanitaire de sa mère, ainsi que ses avocats pour leur dévouement.

Malgré les circonstances éprouvantes, Fatimé Boukar Kosseï affirme vouloir sortir de cette épreuve sans amertume. Rester debout, selon elle, ne signifie pas ignorer la douleur, mais plutôt refuser que celle-ci devienne un moteur de haine ou de mépris. À l’occasion de son anniversaire, elle appelle à des prières pour le Tchad, pour que paix, justice et fraternité puissent guider chacun des citoyens du pays.

Son message s’adresse également à toutes les familles et personnes malades, invitant ses compatriotes à faire preuve de compassion et de solidarité. C’est ainsi qu’elle conclut son témoignage, un appel à l’unité et à la réconciliation dans une période critique pour elle, sa famille, et le pays tout entier.