Tchad : grève sèche d’une semaine des greffiers après préavis vain

Tchad : Les greffiers déclenchent une grève d’une semaine face à l’inertie des autorités

Au Tchad, le climat social au sein du secteur judiciaire se tend davantage alors que les greffiers ont entamé ce jeudi 17 septembre 2026 une grève sèche d’une semaine. La décision a été adoptée lors d’une assemblée générale extraordinaire tenue la veille au Palais de Justice de N’Djamena, où le Syndicat national du personnel des greffes (SYNAPGREF) a unanimement voté pour observer ce mouvement du 17 au 23 septembre 2026.

Évaluation sans issue de la situation actuelle

Cette nouvelle étape de mobilisation des greffiers survient après l’échec des négociations autour du préavis de grève qui s’est étendu du 31 août au 15 septembre 2026. L’assemblée générale, marquée par des échanges qualifiés de houleux, a mis en évidence l’absence de progrès significatifs et un manque de volonté politique de la part du ministère de la Justice, chargé des Droits humains, de s’engager pour résoudre les revendications des greffiers.

Au cœur des revendications se trouvent deux décrets cruciaux toujours en attente. Le premier décret concerne la revalorisation des indemnités des greffiers, tandis que le second porte sur l’octroi d’une prime annuelle de rendement. Pour le SYNAPGREF, la non-prise en compte de ces demandes traduit une situation bloquée qu’il convient de débloquer par la voie de la grève.

Mesures exigées et nouvelles échéances

Face à l’impasse actuelle, le syndicat exige expressément la tenue, sans délai et sans condition préalable, de la commission interministérielle dont la tâche est de préparer ces deux projets de décret. Une nouvelle assemblée générale extraordinaire a par ailleurs été programmée pour le 24 septembre 2026, afin de réaliser l’évaluation de la situation et définir de nouvelles actions à entreprendre.

Simultanément, le SYNAPGREF a salué les mesures prises par le président du Tribunal de grande instance de N’Djamena, qui a suspendu la pratique de substitution des stagiaires aux greffiers, jugée contraire à la loi du 15 mars 2022 relative au statut du personnel des greffes au Tchad. Le syndicat appelle désormais le ministère de la Justice à appliquer ces mesures à l’ensemble des juridictions du pays.

Contexte des mouvements sociaux précédents

Cette grève s’inscrit dans une série de mouvements sociaux initiés par le SYNAPGREF depuis le début de l’année 2026. En février puis en mars, les greffiers avaient d’ores et déjà observé des grèves d’avertissement pour les mêmes raisons : revalorisation des indemnités, attribution de la prime annuelle de rendement, et pleine application de la législation de 2022 encadrant leur profession.

Ces précédents arrêts de travail avaient déjà causé des perturbations notables dans le déroulement des audiences judiciaires, bien que les grévistes aient veillé à maintenir un service minimum et le traitement des référés.

Face à un gouvernement qui tarde à répondre à leurs revendications, le bras de fer semble encore loin de s’achever, illustrant les difficultés rencontrées par les acteurs du système judiciaire tchadien dans leur quête d’améliorations salariales et de reconnaissance professionnelle.