Tchad : Lancement du programme pilote Acacia 3 par SOS Sahel

Tchad : SOS Sahel inaugure la phase pilote du programme Acacia 3

Le jeudi 5 novembre 2026, SOS Sahel a procédé au lancement officiel de la phase pilote du programme Acacia 3 lors d’une cérémonie qui s’est tenue au Centre d’Études et de Formation pour le Développement (CEFOD) à N’Djamena. L’événement a rassemblé diverses parties prenantes, dont les autorités gouvernementales, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les acteurs de la filière gomme arabique.

Ce nouveau programme bénéficie du soutien financier de l’ambassade de France au Tchad et va initialement être mis en œuvre sur les sites d’Awiya et de Dourbali, situés dans la province du Chari-Baguirmi. Après le succès des phases Acacia 1 et 2, également menées dans le Chari-Baguirmi et le Guera, la phase 3 marque une expansion significative en ciblant six provinces supplémentaires : Chari-Baguirmi, Guera, Batha, Wadi Fira, Hadjer-Lamis, et Kanem. Le projet repose sur trois principaux piliers : l’accompagnement par les Centres de Services Agricoles (CSA), le développement des bocages agroforestiers sahéliens et une initiative de séquestration du carbone.

Lors de son discours d’ouverture, Guillaume Doulkom, Directeur Pays de SOS Sahel International au Burkina Faso, a insisté sur la nécessité d’une approche innovante pour assurer la survie et la croissance des plantations d’arbres. Il a déclaré : « Planter les arbres ne suffit pas : il faut qu’ils survivent et grandissent. En associant les acacias au maraîchage sur des parcelles dont les producteurs ont la charge, le bocage leur procure un revenu dès les premières saisons, bien avant la première récolte de gomme. »

Le succès de cette phase pilote est primordial pour inciter les partenaires à s’investir davantage dans ce qui est présenté comme un projet aligné avec les ambitions nationales de restauration des terres. Cela inclut notamment les objectifs de l’Agence nationale de la Grande Muraille Verte, qui vise à freiner la désertification tout en renforçant la résilience des communautés locales.

Gaëtan Pellan, représentant du Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’ambassade de France, a exprimé son soutien pour le programme. Il a salué la démarche intégrée d’Acacia 3 qui combine des volets environnemental, économique et éducatif. Il a également évoqué le partenariat avec l’entreprise française Nexira et a exprimé l’espoir que cette phase pilote inspire d’autres bailleurs de fonds internationaux à s’engager dans la création de centres de services agricoles au-delà des frontières du Chari-Baguirmi.

Idriss Oumar Idriss, représentant du Ministère des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération Internationale, a intégré le programme dans la Vision 2030 « Le Tchad que nous voulons » ainsi que dans le Plan National de Développement. Selon lui, la gomme arabique est une filière stratégique pour diversifier l’économie tchadienne, créer des emplois et améliorer la résilience aux effets du changement climatique. « Une phase pilote est un temps d’apprentissage. Les résultats de cette phase guideront le passage à l’échelle », a-t-il affirmé en ouvrant officiellement l’atelier de lancement.

Pour SOS Sahel, ce projet est crucial pour revitaliser l’économie rurale du Tchad, améliorer la résilience des communautés face aux défis climatiques et préserver l’environnement. À terme, Acacia 3 vise à constituer un modèle durable de gestion des ressources naturelles qui pourra être répliqué dans d’autres régions sahéliennes.