Tchad : le décalage croissant entre décisions politiques et réalités du terrain
Le Tchad et les Défis de l’Application des Lois Environnementales et Sanitaires
Introduction
Au Tchad, malgré des lois adoptées pour améliorer la santé publique et protéger l’environnement, leur mise en application se heurte à de nombreux obstacles, révélant un écart significatif entre les textes et leur efficacité sur le terrain.
Déroulement des faits
Depuis plusieurs années, les autorités tchadiennes s’efforcent de légiférer pour limiter l’usage de certains produits nuisibles à l’environnement et à la santé. En 2019, le ministère de la Santé publique a interdit la vente d’eau en sachet pour contrer les risques de maladies hydriques comme le choléra, liés à de mauvaises conditions d’hygiène. Néanmoins, six ans plus tard, cette eau est encore omniprésente à N’Djaména, souvent produite dans des conditions sanitaires discutables.
En 2015, l’interdiction des sacs plastiques à usage unique a été annoncée pour réduire la pollution. Cependant, dans les marchés de la capitale, le plastique reste couramment utilisé pour emballer divers produits, allant de l’huile au sucre, sans qu’aucune sanction ne soit effectivement appliquée.
Depuis 2018, le ministère de l’Environnement s’est attaqué à la déforestation en interdisant le charbon de bois. Malgré cela, ce dernier est toujours bien présent sur les marchés, accentué par les pénuries de gaz domestique.
Plus récemment, le gouvernement a banni l’importation et la vente de boissons alcoolisées frelatées. Cependant, ces produits continuent de circuler librement dans la capitale, illustrant un manque persistant de contrôle.
En février 2026, le ministère du Commerce et de l’Industrie a ordonné le retrait de l’eau en bouteille « C’est Bon ». Des contrôles ont été effectués, mais le produit reste disponible dans de nombreux quartiers, exposant les lacunes en traçabilité et en retrait effectif des stocks.
Contexte ou impact
Ces mesures, bien qu’adoptées avec des intentions louables, souffrent d’une application inégale. Les services de contrôle sont souvent sous-dotés et mal équipés pour couvrir le vaste territoire tchadien. Les décisions prises à N’Djaména peinent à s’imposer uniformément dans les provinces. Sans campagnes de sensibilisation adéquates, ces règles sont perçues comme coercitives plutôt que protectrices.
Cette situation soulève des questions légitimes sur l’efficacité des politiques gouvernementales : pourquoi les lois échouent-elles à s’appliquer ? Quelles mesures d’accompagnement le gouvernement prévoit-il pour assurer la mise en œuvre réelle de ces interdictions ?
Clôture naturelle
Tant que le Tchad ne renforcera pas la rigueur dans l’application de ses propres lois, il demeurera confronté à un décalage entre ses ambitions législatives et la réalité quotidienne. Plus que jamais, la crédibilité du gouvernement dépend de sa capacité à garantir que les décisions politiques se reflètent dans des pratiques concrètes sur le terrain.