Tchad : Des mesures strictes pour encadrer la transhumance

Tchad : Au Loug-Chari, des mesures strictes pour encadrer la transhumance

Dans le Loug-Chari, une région confrontée aux défis de la coexistence entre agriculteurs et éleveurs, les autorités mettent en place des mesures rigoureuses afin de prévenir les conflits qui pourraient survenir durant la campagne agricole de 2026. Le 26 octobre 2026, Sougouma Hassaballah Ahmat, Secrétaire général du département, a émis un message officiel (N°009/MATD/PCB/DLC/SG/2026) stipulant des directives claires visant à encadrer les déplacements des éleveurs dans la région.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une politique plus large de gestion des ressources et de prévention des conflits, en lien avec la Circulaire N°007/MATD/SG/2026, publiée le 28 septembre 2026 par le Vice-Premier ministre chargé de l’Administration du territoire. Elle fait également suite à une demande exprimée dans une lettre officielle (N°133/PCB/SG/DC/2026) émanant du Délégué général du Gouvernement auprès de la province du Chari-Baguirmi.

Interdiction d’entrée pour les éleveurs nomades avant le 15 décembre

L’une des mesures phares stipule que les éleveurs nomades ne doivent pas pénétrer dans la zone du Loug-Chari avant le 15 décembre 2026. Cette interdiction vise à éviter les affrontements précoces qui pourraient survenir avec les agriculteurs à un moment où ces derniers préparent leurs champs pour la nouvelle saison de culture. Les autorités administratives locales, y compris les sous-préfets des districts de Bousso, Koundo, Bogomoro, Ba-Illi, Mogo et Mbarlet, ainsi que les forces de défense et sécurité, sont appelées à veiller au respect de cette mesure.

En complément de cette interdiction, le Secrétaire général insiste sur la nécessité d’encourager le dialogue entre les différentes communautés. Les autorités locales auront la responsabilité d’organiser des réunions préalables pour définir ensemble les couloirs de transhumance et établir un calendrier précis pour la libération des champs cultivés. Cela devrait permettre de limiter les risques de destruction des cultures et de prévenir tout affrontement.

Rapport immédiat en cas d’incidents

Afin de gérer rapidement les différends qui pourraient survenir, le dispositif comprend également une procédure de constatation des incidents. Toute dispute entre agriculteurs et éleveurs doit être signalée et faire l’objet d’un constat officiel dans un délai de 24 heures. Cette exigence a pour but de permettre aux autorités de s’engager promptement dans la gestion des conflits, en documentant les faits et en facilitant une résolution adaptée des litiges.

Suivi régulier des actions entreprises

Pour garantir l’exécution des mesures et leur efficacité sur le terrain, un mécanisme de suivi a été instauré. Les acteurs concernés devront fournir des rapports de situation tous les 12 jours, permettant ainsi un monitoring régulier et l’évaluation des éventuelles difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des directives.

Ces initiatives visent avant tout à renforcer la prévention des conflits agro-pastoraux, à protéger les productions agricoles et à organiser la mobilité du bétail dans un environnement concerté. Le but ultime des autorités du Loug-Chari est de favoriser une coexistence pacifique entre agriculteurs et éleveurs, tout en assurant le respect des décisions gouvernementales et le maintien de l’ordre public durant cette campagne agricole.

En somme, ces mesures témoignent d’une volonté politique de régulation et de gestion pro-active des tensions entre les différentes parties prenantes, tout en soulignant l’importance d’une approche collaborative pour la pérennité des activités agricoles et pastorales dans la région.