Tchad : Les pépiniéristes appellent à un reboisement permanent contre
Tchad : face à l’avancée de la désertification, les pépiniéristes plaident pour un reboisement tout au long de l’année
La lutte contre la désertification est devenue un enjeu crucial pour le Tchad, un pays dont plus de 91 % du territoire est situé dans des zones arides ou semi-arides. Dans ce contexte, la Semaine nationale de l’arbre, instaurée par l’ordonnance n° 72-029 du 30 octobre 1972, vise à promouvoir le reboisement et à sensibiliser la population sur l’importance de la protection de l’environnement. Malgré ses bonnes intentions, cette initiative, qui se déroule chaque année, soulève des questions quant à son efficacité face à l’urgence climatique.
Lors de la récente réunion ministérielle à Oulan-Bator, en Mongolie, en marge de la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, a donné un aperçu préoccupant de la situation au Tchad. La vulnérabilité du pays face à la dégradation des terres et aux effets du changement climatique est alarmante, et les attentes de la population vont bien au-delà d’une simple manifestation annuelle.
Les pépiniéristes de la capitale N’Djamena, comme Oumar Mahamat Issa et Idriss Abakar Angaré, expriment des préoccupations sur la précarité de leur activité, qui dépend largement de la Semaine nationale de l’arbre. Pour eux, cette seule période de reboisement ne suffit pas à garantir des revenus durables. « Nous prenons soin de nos plants tous les jours, mais essayer de vivre uniquement de cette semaine est décourageant, » confie Oumar Mahamat Issa. Idriss Abakar Angaré ajoute qu’il est essentiel pour le gouvernement de pérenniser les efforts de reboisement tout au long de l’année afin de soutenir les pépiniéristes.
L’Agence nationale de la Grande Muraille verte (ANGMV) a fourni des statistiques encourageantes, révélant que plus de 787 834 hectares ont été restaurés en 2024 grâce à la méthode de régénération naturelle assistée (RNA). Le gouvernement s’est fixé pour objectif de restaurer 5 millions d’hectares de terres dégradées d’ici 2030 et de planter 10 millions d’arbres pour freiner l’avancée du désert. Cependant, ces chiffres doivent se traduire par des actions concrètes et continues pour avoir un impact significatif.
La RNA, qui constitue le principal axe de la politique de reboisement, vise à protéger les jeunes plants naturels d’arbres et d’arbustes déjà présents dans les espaces dégradés, tout en promouvant la plantation de nouvelles espèces. Cette approche peut contribuer à restaurer les écosystèmes de manière durable, mais elle nécessite un engagement régulier de la part des gouvernements et de la société civile.
En somme, il est impératif que la lutte contre la désertification au Tchad ne repose pas uniquement sur une série d’événements annuels, mais fasse l’objet d’une stratégie de reboisement permanente et intégrée. La voix des pépiniéristes et des acteurs locaux est essentielle pour rappeler que la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique exigent un engagement tout au long de l’année. Les défis sont grands, mais des actions collectives peuvent mener à des résultats tangibles pour les générations futures.