Tchad : la rectrice de l’Académie du Sud-Est à l’écoute

Tchad : la rectrice de l’Académie du Sud-Est s’intéresse aux enjeux des établissements universitaires

Le 14 octobre 2026, le Professeur Khadija Hassaballah Hamid, rectrice de l’Académie du Sud-Est, a effectué une visite à l’Université de Sarh et à l’École nationale supérieure des technologies de l’information et de la communication (ENASTIC). Cette tournée visait à dialoguer avec les responsables et le personnel de ces institutions afin d’évaluer leurs conditions de fonctionnement tout en identifiant les préoccupations et les pistes d’amélioration nécessaires au cadre académique.

À l’Université de Sarh, le président de l’établissement, le Professeur Ngarasta Ngarkodji, a présenté un état des lieux de son institution. Selon son rapport, l’université compte pour l’année académique 2025-2026 a enregistré 4 158 étudiants, dont 36 % de filles, et un corps enseignant composé de 83 enseignants-chercheurs, dont seulement trois femmes. Cependant, la principale préoccupation soulignée lors de cette rencontre reste le manque de ressources financières. Le professeur Ngarkodji a précisé que les subventions octroyées ne suffisent pas à couvrir les dépenses de personnel et de fonctionnement, provoquant un déséquilibre financier préoccupant.

« Le véritable défi est financier. Chaque année, nous terminons avec un solde négatif auprès de la banque, représentant presque le montant de la subvention que nous recevons », a-t-il expliqué. Cette situation est aggravée par des arriérés de paiement des heures de vacation et des missions d’enseignement, évalués à environ 400 millions de francs CFA, rendant l’urgence d’une solution incontournable.

Outre les problèmes financiers, les infrastructures de l’université constituent un autre défi majeur. L’établissement utilise des bâtiments anciens, datant de 1965 à 1971, alors que les structures plus récentes ne répondent plus aux exigences actuelles des études. Le président a donc plaidé pour une réhabilitation immédiate des installations, ainsi qu’une mise à jour des équipements pédagogiques et une centralisation des activités dispersées sur plusieurs sites. L’approvisionnement en électricité apparaît également comme un obstacle significatif, l’université étant tributaire d’un groupe électrogène devenu inutilisable et nécessitant un renforcement des installations solaires.

Malgré ces difficultés matérielles, l’Université de Sarh a tout de même des motifs de satisfaction, notamment l’amélioration des qualifications des enseignants, le développement de partenariats stratégiques et la poursuite des travaux pratiques dans les filières scientifiques.

Après cette étape, la rectrice et sa délégation se sont rendues à l’ENASTIC, où elle a échangé avec le directeur, le Docteur Nanga Marcel. Les discussions ont principalement mis en lumière le manque d’infrastructures adaptées à l’enseignement supérieur.

À la fin de sa visite, le Professeur Khadija Hassaballah Hamid a exprimé sa satisfaction quant au démarrage effectif des cours dans les deux institutions, malgré les nombreux obstacles rencontrés. Elle a pris note des besoins en matière de réhabilitation et d’équipements et a promis de transmettre les différentes difficultés aux autorités compétentes afin que des solutions puissent être envisagées pour garantir le bon déroulement de l’année académique.

Cette initiative de la rectrice marque une volonté d’écoute et d’engagement face aux défis que rencontrent les établissements d’enseignement supérieur dans le sud-est du Tchad.