Tchad rétrogradé au niveau 3 dans le rapport sur la traite

Le Tchad rétrogradé au Niveau 3 dans le rapport américain sur la traite des personnes

Dans un rapport publié le 9 octobre 2026, le Département d’État américain a sévèrement pointé du doigt la situation de la lutte contre la traite des êtres humains au Tchad, en classant le pays au Niveau 3. Ce niveau, qui correspond au classement le plus bas dans l’évaluation des efforts des États pour éliminer ce fléau, est attribué aux nations qui ne déploient pas d’efforts suffisants dans ce domaine, selon les normes établies par le gouvernement américain.

La situation au Tchad est marquée par l’absence de toute poursuite judiciaire, condamnation ou enquête concernant des cas de traite des êtres humains durant la période évaluée par le rapport. Cette inaction est particulièrement préoccupante compte tenu des rôles essentiels que jouent les institutions gouvernementales dans la lutte contre la traite. En particulier, la Commission nationale de lutte contre la traite des personnes ne semble pas pleinement opérationnelle pour la deuxième année consécutive, ce qui limite les efforts à fournir un cadre légal et opérationnel pour contrer ce phénomène.

Le rapport met également en lumière les faiblesses dans les mécanismes d’identification et de protection des victimes, qui sont jugés insuffisants. Malgré ce bilan alarmant, Washington reconnaît certains efforts sporadiques, tels que l’identification d’une victime pour la première fois en trois ans, la signature d’un accord bilatéral destiné à protéger les travailleurs tchadiens à l’étranger, ainsi que la promulgation d’une ordonnance contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Le Département d’État américain ne se contente pas de critiquer mais appelle également à l’action. Il exhorte les autorités tchadiennes à rendre pleinement opérationnelle la Commission nationale, à mener des enquêtes sur les cas de traite, à poursuivre les trafiquants et à renforcer l’assistance aux victimes, en particulier celles qui ont subi des abus au sein de l’administration.

Le rapport souligne que la traite des personnes au Tchad touche particulièrement des groupes vulnérables tels que les enfants talibés, les femmes et les travailleurs migrants. Cette situation pose de sérieux défis pour le pays, qui doit renforcer ses efforts pour lutter contre ce fléau humain.

La communauté internationale et les organisations locales engagées dans la lutte contre la traite des êtres humains espèrent que ce rapport provoquera une prise de conscience chez les autorités tchadiennes et les incitera à prendre des mesures plus decisives. La nécessité d’une réponse coordonnée et efficace est essentielle pour protéger les victimes et combattre ce crime odieux dans le pays.