N’Djamena : le concombre à la brouette, espoir pour la jeunesse

N’Djamena : le commerce du concombre à la brouette, bouée de sauvetage pour la jeunesse

Dans la capitale tchadienne, N’Djamena, de nombreux jeunes ont trouvé dans le commerce ambulant de concombres une opportunité économique face aux difficultés quotidiennes. Poussant leur brouette chargée de légumes, ils sillonnent les quartiers, proposant ce produit apprécié par les habitants, notamment aux abords des grands axes et carrefours.

À N’Djar-Bilamatom, un jeune vendeur partage son expérience. Avec son cousin, il a décidé de se lancer dans ce commerce de proximité pour subvenir à ses besoins quotidiens. Ensemble, ils achètent un sac de concombres au prix de 4 000 francs CFA, soit 2 000 francs CFA chacun, et partent en quête de clients.

Les tarifs pratiqués sont accessibles : 150 francs CFA pour un gros concombre et 100 francs CFA pour un plus petit. Cette stratégie commerciale leur permet de s’adapter aux divers niveaux de pouvoir d’achat de la population locale. Un client, interpellé par les prix, questionne le jeune vendeur sur leur logique tarifaire, soulignant les difficultés économiques qui touchent de nombreux ménages.

La réponse du jeune ambulant reflète une réalité pragmatique : « Nous marchons sous la chaleur toute la journée. Nous aussi, nous voulons gagner quelque chose. Même si le bénéfice est minime, c’est toujours mieux que de ne rien gagner. » Cette phrase résume la situation de nombreux jeunes Tchadiens qui se tournent vers l’économie informelle pour survivre.

La solidarité se manifeste également entre ces jeunes. Même si les marges sont réduites, ils affirment que chaque petite vente compte. Un client partage ce sentiment : « Si tu gagnes un peu chaque jour, c’est déjà bien, même si ce n’est pas une grosse somme. »

Sous le soleil brûlant de N’Djamena, ces jeunes commercants poursuivent leur chemin, démontrant une résilience et une ingéniosité qui soulignent l’importance du petit commerce dans l’économie locale. Leur activité, bien qu’informelle, joue un rôle crucial dans la vie quotidienne de la population et témoigne de la débrouillardise des jeunes face à un marché du travail restreint.

Loin des grandes entreprises et des emplois formels, ces vendeurs de concombres incarnent la volonté de la jeunesse tchadienne de s’en sortir malgré les défis. En poursuivant leur activité au sein des quartiers de N’Djamena, ils contribuent non seulement à leurs propres besoins, mais également à l’approvisionnement alimentaire local, créant ainsi un circuit économique simple mais efficace. Le commerce à la brouette, loin d’être une solution temporaire, témoigne d’une réalité économique en constante évolution dans la capitale, signifiant qu’il est possible de tirer parti des ressources disponibles, même dans les conditions les plus difficiles.