Tension au Logone : Mbaïgolmem Sébastien défie l’administration

Logone Occidental : Tensions Croissantes Entre Agriculteurs et Éleveurs

Les préoccupations concernant la gestion des conflits entre agriculteurs et éleveurs dans la province du Logone Occidental se sont intensifiées, suite aux récentes déclarations du sénateur Mbaïgolmem Sébastien. Lors d’une réunion importante tenue à Laoukassi le 14 octobre, le sénateur a fait état de ses inquiétudes concernant l’application des mesures de transhumance et a adressé des accusations sur l’origine des armes utilisées dans ces confrontations.

Le sénateur Mbaïgolmem Sébastien, en félicitant la circulaire émise par le vice-Premier ministre sur la prévention des descentes précoces des transhumants, a néanmoins exprimé son scepticisme quant à son implémentation. Selon lui, les accords en place à Laoukassi entre agriculteurs et éleveurs sont rarement respectés sur le terrain, perpétuant ainsi les tensions. Il a mis en lumière la complexité de la situation en pointant du doigt des réseaux présumés de soutien aux éleveurs au sein de l’administration, ce qui pose selon lui un obstacle à la résolution pacifique des conflits.

Les accusations concernant l’armement des éleveurs ont particulièrement attiré l’attention. Le sénateur a suggéré qu’un responsable militaire serait impliqué dans la fourniture d’armes, bien qu’il n’ait pas fourni de détails précis lors de ses déclarations. Il a appelé à des enquêtes approfondies pour identifier les sources d’armement clandestin et a souligné la nécessité de confisquer les armes en circulation pour assurer la sécurité des populations.

En réponse, l’administration provinciale, par la voix de son secrétaire général Allahidangué Kladoumbaye, a vigoureusement contesté ces allégations lors d’un point de presse à Moundou le 17 octobre. L’administration affirme que des mesures ont été mises en place dès août 2026 pour contrôler les mouvements des troupeaux et prévenir les affrontements. Elle a détaillé les actions entreprises, telles que les instructions données aux préfets et sous-préfets pour surveiller les déplacements des éleveurs et minimiser leur présence dans les zones agricoles sensibles.

Le secrétaire général a critiqué les déclarations du sénateur, jugeant qu’elles manquent de fondement et de preuves tangibles. Il a souligné que si des informations crédibles existent sur l’implication d’un militaire dans l’armement illégal, elles devraient être transmises aux autorités compétentes pour enquête. Par ailleurs, Kladoumbaye a réaffirmé l’engagement de l’administration à maintenir l’ordre public, tout en déplorant que ces incidents soient utilisés à des fins qu’il qualifie de politiques, au détriment du dialogue constructif.

L’administration a également tenu à défendre son bilan, notant les efforts des forces de défense et de sécurité pour préserver la paix dans la région. Malgré l’apparition sporadique de conflits, elle assure que des poursuites judiciaires sont en cours contre les fauteurs de troubles.

Au-delà des critiques, cette tension laisse entrevoir le défi persistant pour les autorités du Logone Occidental, à savoir concilier les intérêts des agriculteurs et des éleveurs tout en garantissant la paix et la sécurité. Le débat, bien que tendu, souligne l’urgence d’un dialogue ouvert et basé sur des faits pour trouver des solutions durables aux rivalités entre communautés dans cette partie du Tchad.