Un universitaire allemand met en avant le rôle du marxisme

Le rôle du marxisme dans le succès de la Chine, selon un universitaire allemand

À l’occasion du 105e anniversaire du Parti communiste chinois (PCC), Michael Geiger, érudit marxiste allemand et spécialiste de la Chine, a partagé dans une entretien exclusif avec le People’s Daily ses réflexions sur les accomplissements de la Chine et sur l’expérience unique du socialisme aux caractéristiques chinoises.

Geiger, qui consacre près de deux décennies à l’étude de la Chine, souligne que le pays a emprunté une voie de développement social novatrice qui lui a apporté une profonde inspiration intellectuelle. En tant que chercheur marxiste, il affirme que les pratiques chinoises offrent des enseignements précieux pour l’évolution de la théorie marxiste et son application dans la société contemporaine.

L’érudit rappelle que, dans le Manifeste communiste, Karl Marx et Friedrich Engels posent que, après la prise de pouvoir par le prolétariat, il est nécessaire de créer des conditions favorables au développement de nouvelles forces productives. Toutefois, trouver un chemin viable en ce sens a constitué un défi majeur tout au long de l’histoire.

Selon Geiger, le PCC a réussi, à travers des mesures de développement efficaces et dynamiques, à faire progresser rapidement les forces productives sociales. À l’heure actuelle, la Chine est en première ligne dans des secteurs tels que les véhicules à énergie nouvelle et l’intelligence artificielle. Cette dynamique témoigne de la viabilité du chemin socialiste emprunté par le pays, incitant la communauté académique mondiale à réévaluer les fondements théoriques du marxisme.

Dans le cadre de ses recherches, Geiger a également collaboré avec plusieurs experts allemands pour publier le livre Chinas Jahrhundert (Siècle chinois). Il a souligné que l’académie internationale cherche depuis longtemps à comprendre les moteurs sous-jacents des succès de développement de la Chine, en précisant que la raison fondamentale de cette progression réside dans le leadership du PCC.

Geiger a également noté que la critique de la Chine est devenue une norme dans certains médias occidentaux, alimentée par une peur persistante de l’« épouvantail communiste » en Europe. À son avis, les chercheurs ont la responsabilité de fournir une vision objective et équilibrée de la Chine et du PCC au public occidental. La publication de Chinas Jahrhundert visait à offrir des perspectives alternatives aux lecteurs du monde entier.

L’universitaire a poursuivi en expliquant que les mentalités occidentales traditionnelles peuvent parfois restreindre la compréhension de la trajectoire de développement de la Chine. Il a mis en avant que la Chine ne se résume pas à des défis, mais est un pays immense et riche d’une histoire complexe et d’un essor rapide. Il a noté que, souvent, certaines narrations occidentales mettent plus l’accent sur les difficultés rencontrées, négligeant ainsi les réussites significatives.

Geiger a également souligné la différence de valeurs entre les sociétés occidentales, centrées sur l’individu, et la Chine, qui privilégie la coordination entre l’individu et le collectif ainsi que l’intérêt personnel et le bien public. Cette divergence peut mener à des malentendus quant à la logique des avancées sociales chinoises.

En évoquant les résultats pratiques de l’adaptation du marxisme au contexte chinois, Geiger a fait observer que le marxisme agit comme un catalyseur de transformation sociale. La pratique innovante de la sinisation et de la modernisation du marxisme a enrichi considérablement la théorie et lui a apporté une nouvelle vitalité.

Michael Geiger insiste sur le fait que la clé du succès chinois réside dans une compréhension approfondie du marxisme. Plusieurs décennies auparavant, il était largement cru qu’il était impossible de concilier une économie planifiée avec une économie de marché. Pourtant, la Chine a su briser ces conventions en réalisant d’importantes avancées, notamment en matière de réforme de la propriété. Son expérience est en adéquation avec l’essence même du marxisme.

Le soutien populaire dont bénéficie le PCC est souvent évoqué. Geiger souligne qu’un tel niveau d’adhésion est quelque chose dont des partis politiques de certains pays occidentaux « n’oseraient même pas rêver ». Cela montre, selon lui, que le PCC a, dans une large mesure, su répondre aux besoins concrets de la population.

Le PCC s’en tient au principe « des masses, aux masses ». Avec trois millions de membres actifs en première ligne dans la lutte contre la pauvreté, ils se sont immergés dans les régions les plus défavorisées pour comprendre les difficultés rencontrées par chaque foyer et rechercher des solutions concrètes, illustrant ainsi le lien étroit entre le PCC et le peuple.

Dans un contexte mondial marqué par une turbulence croissante et des discours alarmistes, Geiger affirme que la Chine a ouvert une voie différente de la logique traditionnelle de concurrence entre grandes puissances. Il soutient qu’une grande nation influente n’a pas besoin de recourir à l’expansion ou à la confrontation pour défendre ses intérêts. La Chine choisit plutôt la patience et la retenue, un principe qui trouve écho dans la philosophie chinoise ancestrale d’« atteindre l’harmonie à travers le juste milieu ».

Pour Geiger, la véritable sagesse politique réside dans la capacité à trouver un équilibre entre la défense de ses propres intérêts et la promotion d’une stabilité globale à long terme. En réfléchissant à la manière dont la Chine associe conception globale et approche pragmatique dans son processus de réforme, il exprime une forte reconnaissance pour cette philosophie de gouvernance.

Il conclut en affirmant que la modernisation socialiste ne repose pas sur des expériences prêtes à l’emploi ou des réponses standards, mais nécessite une exploration pratique, des vérifications répétées et des ajustements continus. Les défis qu’affronte la Chine sont nombreux, mais Geiger est convaincu que le PCC a, avec 105 ans d’expérience, prouvé sa capacité à s’adapter aux circonstances changeantes et à continuer d’avancer sur la voie du développement.