66e anniversaire : Wakit Tamma s’interroge sur la souveraineté post-CPI
Le Tchad à l’épreuve de sa souveraineté: Défis après le retrait de la CPI
Le 11 août 2026 marque le 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Tchad. À cette occasion, la coalition Wakit Tamma a organisé une conférence de presse portant sur le thème « De la souveraineté proclamée à la souveraineté assumée ». Ce rassemblement a permis de poser un regard critique sur la décision récente du Tchad de se retirer du Statut de Rome, qui établit la Cour pénale internationale (CPI).
Pour Wakit Tamma, cette décision soulève des questions essentielles concernant la capacité du Tchad à exercer pleinement sa souveraineté, en particulier dans les domaines de la justice et de la lutte contre l’impunité. Gozzo Siméon, Coordonnateur de Wakit Tamma, a souligné que, soixante-six ans après l’indépendance, la souveraineté du Tchad est un fait acquis. Ce qui importe désormais, selon lui, est de savoir si cette souveraineté est véritablement assumée et reconnue dans ses effets pratiques.
La décision de retrait de la CPI, qui est un droit reconnu à tout État partie par l’article 127 du Statut de Rome, ne fait pas débat en termes de légalité. Toutefois, Wakit Tamma insiste sur la nécessité d’un débat concernant ses répercussions pour les citoyens tchadiens et les garanties offertes par les institutions nationales.
Selon Gozzo Siméon, la discussion ne devrait pas se limiter à un choix binaire entre la CPI et la souveraineté nationale, mais plutôt se concentrer sur l’évaluation des systèmes judiciaires capables de fournir une justice indépendante, impartiale et crédible. Le retrait de la CPI doit être perçu non seulement comme une affirmation de souveraineté, mais également comme un appel à une responsabilité accrue pour les structures judiciaires nationales.
Le Coordonnateur de Wakit Tamma affirme que plus un État revendique une compétence judiciaire exclusive, plus il doit démontrer que ses institutions sont équipées pour répondre efficacement aux attentes des citoyens. Le véritable défi pour le Tchad réside désormais dans sa capacité à offrir une justice qui lutte efficacement contre l’impunité.
Wakit Tamma insiste sur le fait que le retrait ne signifie pas la récupération d’une compétence perdue. Au contraire, cela représente la disparition d’un mécanisme international subsidiaire de surveillance. La crédibilité de ce retrait repose donc sur la capacité des institutions judiciaires tchadiennes à garantir leur indépendance et leur efficacité.
À travers cette conférence, Wakit Tamma invite à une réflexion profonde sur les implications pratiques et morales de cette décision sur la scène nationale. Leur message est clair : l’autonomie proclamée doit être traduite par des actions concrètes qui assurent une justice équitable, renforcent la lutte contre l’impunité et répondent aux aspirations du peuple tchadien.
Le débat reste ouvert et interpelle tant le gouvernement que la société civile tchadienne, au moment où le pays célèbre plus d’un demi-siècle d’indépendance.