Sarh : Témoignage d’indépendance par Mme Issol-Gnalé Joséphine

À Sarh, les souvenirs vivants de Mme Issol-Gnalé Joséphine sur l’indépendance du Tchad

Le 11 août, le Tchad célèbre une date marquante : son accession à la pleine souveraineté en 1960. Plus de soixante ans après cet événement, certains témoins oculaires partagent leurs souvenirs, parmi eux, Mme Issol-Gnalé Joséphine, une habitante de Sarh, dans la province du Moyen-Chari.

Née vers 1949, Mme Joséphine avait environ 11 ans lorsque le Tchad devint indépendant. Pour elle, les festivités entourant cet événement restent gravées dans sa mémoire comme un moment de grande allégresse et d’espoir collectif. « À l’époque, l’indépendance était une grande fête. Les gens étaient nombreux. Certains pleuraient d’émotion, d’autres riaient, dansaient et s’amusaient. Il y avait beaucoup de choses à voir », se remémore-t-elle.

Ayant grandi dans le quartier 15 Ans, dans le 2ᵉ arrondissement municipal de Sarh, elle a connu la famille du premier président tchadien, François Tombalbaye. Cette proximité lui a permis de se forger une image personnelle de cet homme qui a marqué l’histoire du pays. Elle décrit François Tombalbaye comme un individu attaché à la rigueur, à la discipline et à la vérité. « Tombalbaye était un homme qui aimait le travail. Il disait la vérité et ne voulait pas que les gens fassent n’importe quoi. Quand il disait non, c’était non. Quand il disait oui, c’était oui », témoigne-t-elle.

Selon Mme Joséphine, le travail effectué par François Tombalbaye durant les premières années après l’indépendance a été crucial. Elle considère que ses efforts ont jeté les bases de ce qui allait devenir l’État tchadien moderne. Elle souligne l’importance de la reconnaissance du rôle crucial joué par le premier président et les dirigeants de l’époque dans la construction nationale.

Mme Issol-Gnalé Joséphine insiste sur l’importance de préserver la mémoire historique de cette période cruciale. Elle appelle particulièrement les jeunes générations à s’intéresser à l’histoire du Tchad, afin de mieux comprendre les fondements de leur nation. « La transmission de cette mémoire est essentielle pour que les jeunes générations apprennent et comprennent leur histoire », affirme-t-elle.

En se penchant sur ses souvenirs, Mme Joséphine révèle non seulement des bribes de l’histoire collective du Tchad, mais aussi l’esprit d’une époque où un peuple aspirait à forger son avenir. Ces récits personnels constituent des trésors de mémoire pour les générations actuelles, encouragées à chérir et perpétuer l’histoire de leur pays.