À N’Djamena, étudiants et auteurs s’unissent pour raviver la passion de la lecture
Célébration de la Journée mondiale du livre au Tchad : défis et perspectives
Le 23 avril 2026, la planète entière commémore la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, axée cette année sur le thème « Le plaisir de lire ». Au Tchad, cette célébration est l’occasion de réfléchir aux avantages de la lecture et aux obstacles rencontrés par la jeunesse dans son accès aux livres.
Au cœur de N’Djamena, des étudiants se sont réunis pour partager leurs réflexions. Mariam Hissein, inscrite en lettres modernes à l’Université de N’Djamena, insiste sur le rôle essentiel du livre comme stimulateur de l’esprit critique. « Lire, c’est voyager et mieux appréhender le monde, mais nombre de jeunes sont plus attirés par TikTok que par les romans. Il est crucial de raviver l’envie de lire dès le plus jeune âge, » affirme-t-elle.
Idriss Mahamat, étudiant en master de sociologie, met en lumière un autre aspect du problème : « Ce n’est pas seulement le numérique qui pose problème, mais aussi l’accessibilité. Les bibliothèques se font rares et les livres sont coûteux. Cette journée devrait inciter l’État et les éditeurs à démocratiser l’accès aux livres. »
Gérard, sortant de la bibliothèque du CEFOD de N’Djamena, souligne l’impact de cet événement sur les étudiants : « La lecture permet de voyager tout en restant sur place. Pour moi, les livres physiques surpassent les versions numériques car leur achat encourage à la lecture, » confie-t-il.
Parallèlement, Ahmat Adoum Moussa, auteur connu pour ses œuvres « Les dépits d’un divorce » et « Alkhadar ou le destin d’un soldat », évoque les exigences de l’écriture. Passionné de littérature, il considère les livres comme la meilleure façon d’appeler à la conscience collective et de dénoncer les injustices. « Il y a encore des écrivains tchadiens produisant des œuvres de qualité qu’il faut encourager, » déclare-t-il.
Ahmat critique également l’approche de l’écriture chez certains auteurs, cherchant la visibilité au détriment de la rigueur. « Écrire, c’est raconter l’histoire d’une société avec émotion – chose que l’intelligence artificielle ne peut pas faire. Elle reste un outil au service du créateur, » ajoute-t-il, en déplorant le faible niveau de langue dans certaines œuvres contemporaines.
Ces réflexions rendent compte de l’importance capitale de la Journée mondiale du livre au Tchad en 2026, un moment pour sensibiliser aux enjeux culturels et aux besoins d’amélioration de l’accès à la lecture.