Balimba : 20 ans d’engagement pour les jeunes au Tchad

Tchad : La ferme de Balimba, un projet de 20 ans pour l’insertion des jeunes

Dans la province du Moyen-Chari, la ferme de Balimba se distingue par son engagement fort envers l’insertion et l’autonomie des jeunes. Initiée il y a vingt ans par Sa Majesté Tamdji Nangasdé Ngardoum, chef de canton, cette ferme agricole a été fondée pour répondre aux besoins d’une jeunesse souvent laissée pour compte.

Le 30 août 2026, une équipe de l’Office national pour la promotion de l’emploi (ONAPE) de Sarh s’est rendue sur le site pour évaluer les activités et discuter des défis rencontrés par le promoteur. Au départ, la ferme a émergé de la volonté de Sa Majesté d’accueillir des enfants bouviers ne pouvant pas fréquenter l’école. Constatant que beaucoup préféraient apprendre un métier concret plutôt que de poursuivre une éducation formelle, il a alors décidé de créer ce lieu de formation.

« Parmi certains enfants bouviers, il y avait des jeunes que j’avais inscrits à l’école. Mais ils m’ont dit que ce n’était pas ce qu’ils voulaient vraiment, qu’ils préféraient travailler avec des bœufs », explique-t-il. Confronté à cette réalité, il a jugé nécessaire de mettre en place un projet permettant à ces jeunes d’acquérir des compétences en agriculture et en élevage.

La ferme cultive diverses productions, incluant du maïs, du riz et du sorgho. Le maraîchage y occupe également une place essentielle, avec une variété de légumes tels que le gombo, les aubergines, la laitue, et bien d’autres. Ce modèle d’exploitation offre aux jeunes des possibilités concrètes de se former et de subvenir à leurs besoins tout en participant au développement de l’économie locale.

Avec une approche pragmatique, chaque jeune participant à ce programme est rémunéré pour son travail, recevant 500 francs par jour pour ses efforts. En travaillant pendant dix mois, ces jeunes peuvent constituer un cheptel qui leur permettra, à terme, de retourner dans leurs villages afin d’y développer leurs propres activités génératrices de revenus.

« Chaque enfant reçoit deux bœufs à la fin de sa formation, ce qui leur permet de démarrer leurs propres activités à leur retour », précise le chef de canton.

Malgré ces succès, la ferme de Balimba fait face à des défis significatifs. Le manque de moyens financiers et l’absence d’un système d’irrigation efficient demeurent des problématiques majeures. Sa Majesté Tamdji Nangasdé Ngardoum appelle à des investissements, notamment la construction d’un forage alimenté par des panneaux solaires, pour améliorer l’accès à l’eau, surtout en saison sèche.

« Nous avons besoin d’un forage et de clôturer plusieurs hectares pour être capables de produire même en période de sécheresse. Cela aiderait aussi à accueillir un plus grand nombre de jeunes », explique-t-il.

Le chef de canton a l’ambition de renouveler cette expérience en s’ouvrant à des jeunes d’autres provinces. Il espère que l’ONAPE continuera de le soutenir dans cette démarche. « Il y a de la terre disponible et des tracteurs à disposition. Ce qui fait défaut, ce sont les ressources financières. Avec un forage sûr et bien équipé, on pourrait s’adapter au changement climatique et maximiser nos productions », insiste-t-il.

L’évaluation menée par l’ONAPE a également permis de mettre en lumière les besoins spécifiques de la ferme. Le projet de Balimba exemplifie un modèle d’insertion qui allie formation, travail et autonomie, tandis que le chef de canton continue de lutter pour un avenir meilleur pour les jeunes de sa région.