Batha : le Conseil exige des clarifications sur les revenus de l’or

Batha : Nécessité de transparence autour des revenus de l’or selon le Conseil provincial

Le Conseil provincial du Batha, une province du Tchad, a récemment exprimé ses inquiétudes concernant la gestion des revenus générés par l’exploitation aurifère locale. Lors d’un point de presse organisé à Ati ce lundi 17 août 2026, Rakhis Ahmat Saleh, président du Conseil provincial, a plaidé en faveur d’une plus grande transparence, en particulier sur les 5 % de recettes minières qui devraient être alloués aux collectivités territoriales.

Depuis la découverte de gisements d’or à Tchaga en 2015, l’exploitation minière s’est intensifiée dans la région. Cependant, la population locale n’a pas encore observé les bénéfices attendus sous forme de nouvelles infrastructures, de création d’emplois ou d’amélioration des services sociaux. Selon Rakhis Ahmat Saleh, depuis la mise en place du Conseil provincial en février 2025, les fonds attendus au titre des 5 % des recettes minières n’ont pas été versés.

Le Conseil provincial a entrepris des démarches auprès des services compétents, des sociétés minières et du Trésor public pour obtenir davantage de précisions sur l’utilisation de ces fonds. Cependant, les réponses reçues jusqu’à présent n’ont pas permis de clarifier cette situation, ajoutant à la frustration de l’institution et des habitants de la province.

Afin de garantir une transparence accrue, le Conseil propose la publication systématique des recettes minières, un audit indépendant sur la gestion de ces fonds ainsi que l’établissement d’un comité provincial spécifiquement dédié à la supervision de ces revenus. Ces mesures viseraient à mettre en place une gestion rigoureuse et transparente qui permettrait de convertir la richesse minière en un levier de développement régional.

En outre, d’autres sujets de préoccupation ont été soulevés par le Conseil lors de la rencontre. Parmi ceux-ci figurent l’impact environnemental de l’exploitation minière, le manque d’emplois pour les jeunes, le respect des engagements sociaux par les entreprises minières, et l’utilisation supposée de produits chimiques interdits sur certains sites.

Le Conseil provincial envisage également la création d’un “couloir minier” qui faciliterait la participation des communautés locales au secteur extractif. Ce couloir permettrait aux populations de s’organiser en coopératives à même de recevoir un accompagnement technique et financier pour optimiser leur implication dans l’industrie minière.

À travers ces démarches, Rakhis Ahmat Saleh exhorte les autorités gouvernementales, les sociétés minières et tous les acteurs concernés à privilégier le dialogue constructif et la transparence afin d’assurer que les ressources naturelles de la province du Batha soient véritablement au service du développement local et du bien-être de ses habitants.

En conclusion, cette initiative du Conseil provincial représente un appel à l’action, non seulement pour répondre aux attentes non satisfaites de la population locale, mais aussi pour instaurer une gouvernance responsable des ressources naturelles qui pourrait servir de modèle pour d’autres régions riches en matières premières au Tchad et en Afrique.