Zambie : Hichilema réélu avec 60% des voix
Zambie : Hakainde Hichilema réélu président avec 60% des voix
La Zambie a renouvelé sa confiance en Hakainde Hichilema, qui vient d’être réélu président avec environ 60% des suffrages, selon les résultats communiqués par la Commission électorale le mardi 18 août. Ce résultat illustre un fort soutien populaire pour celui que l’on surnomme affectueusement « HH » ou « Bally », face à son principal adversaire, Brian Mundubile, qui a réuni 38% des voix.
Né le 4 juin 1962 dans le district de Monze, au sud de la Zambie, Hakainde Hichilema a connu un parcours personnel impressionnant. Originaire d’un milieu modeste, il passait ses journées d’enfance à garder les troupeaux familiaux, pied nus et sans chaussures pour se rendre à l’école. Grâce à une bourse d’études, il décroche une licence en économie et administration des affaires de l’Université de Zambie en 1986, suivie d’un Master en administration des affaires (MBA) obtenu à l’Université de Birmingham au Royaume-Uni.
Son entrée dans le monde des affaires se révèle fructueuse, grâce à ses investissements dans le conseil financier, l’immobilier, le tourisme et l’élevage. Il devient l’un des plus grands propriétaires de bétail en Zambie, un témoignage de son succès entrepreneurial.
À la tête du United Party for National Development (UPND) depuis 2006, Hichilema a toutefois dû surmonter de nombreux obstacles politiques avant de parvenir à la magistrature suprême. Après avoir échoué à cinq reprises lors des élections de 2006, 2008, 2011, 2015 et 2016, il finit par s’imposer en 2021 en défaisant alors le président sortant, Edgar Lungu. Son engagement politique lui a valu des périodes difficiles, dont une arrestation en 2017 pour des accusations de trahison, entraînant quatre mois d’incarcération.
Durant son premier mandat, Hichilema s’est attelé à redresser l’économie du pays. Parmi ses principales réalisations figurent la restructuration de la dette zambienne suite au défaut de paiement de 2020, la maîtrise de l’inflation, l’attrait d’investissements dans le secteur minier, en particulier le cuivre, ainsi que la gratuité de l’enseignement secondaire.
Cependant, son bilan n’est pas sans affrontements. Bien que les électeurs aient renouvelé leur confiance en lui, des critiques persistent concernant le coût de la vie toujours élevé et les accusations de l’opposition autour des méthodes employées pendant la campagne électorale, évoquant « des intimidations, des restrictions et des arrestations ».
À l’annonce des résultats, Hakainde Hichilema a adopté un ton rassembleur, affirmant : « Nous sommes vraiment humbles devant la confiance que vous avez placée entre nos mains. […] À ceux qui ont préféré les idées de nos adversaires, nous vous entendons et nous continuerons à travailler pour vous. »
Pour les cinq années à venir, le président réélu ambitionne de continuer sur la voie de la reprise économique. Parmi ses objectifs clés figure le triplement de la production de cuivre d’ici 2031. Il devra faire face à des attentes sociales croissantes et à des critiques concernant la préservation de l’espace démocratique. Le défi pour Hakainde Hichilema s’annonce conséquent, alors qu’il s’efforce d’honorer un mandat marqué par les promesses de prospérité et de cohésion.