Cameroun et Tchad : leaders de la croissance en Afrique centrale d’ici 2030
La CEMAC : Entre défis et opportunités économiques
La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) se prépare à un avenir économique contrasté. En effet, selon les prévisions récentes de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), relayées le 18 mai, des disparités de croissance marqueront les prochaines années au sein de la région.
Une Répartition Inégale de la Croissance
Les projections indiquent que le Cameroun et le Tchad conduiront la dynamique économique régionale jusqu’en 2030. En tête de peloton, le Cameroun consolide sa position de locomotive économique de la zone. Son produit intérieur brut (PIB) nominal devrait progresser de manière significative, passant de 23 469 milliards de FCFA en 2020 à 47 675 milliards de FCFA à l’horizon 2030. Une trajectoire soutenue par une croissance réelle prévue de 3,5 % en 2025, avec un potentiel d’atteindre 5,8 % d’ici 2030. Cette expansion se base sur le développement des infrastructures, l’agro-industrie, les services, et une consommation intérieure robuste. En parallèle, le Cameroun maintient des réserves extérieures solides couvrant sept mois d’importations.
Le Tchad, quant à lui, affiche une progression notable. Entre 2020 et 2030, son PIB nominal pourrait presque doubler, de 8 595 milliards à 16 396 milliards de FCFA. Cette ascension est alimentée par des investissements publics et un secteur non pétrolier émergent, bien que le pays reste vulnérable à sa dépendance aux hydrocarbures et à des incertitudes sécuritaires et budgétaires.
Répliques Contrastées des Économies Pétrolières
À l’inverse, le Gabon et la Guinée équatoriale, qui dépendent fortement des revenus pétroliers, font face à des perspectives moins encourageantes. Pour le Gabon, une croissance réelle pourrait s’effondrer à 1,1 % en 2026, avec un déficit budgétaire préoccupant et des réserves en devises ne couvrant que 0,7 mois d’importations. La Guinée équatoriale devrait quant à elle connaître des croissances négatives d’environ -3 % pendant les années 2026 et 2027, conséquence directe de la diminution de sa production pétrolière.
Contexte Régional et Perspective Globale
Au niveau régional, le PIB nominal de la CEMAC est anticipé de progresser, passant de 54 870 milliards de FCFA en 2020 à 106 309 milliards de FCFA d’ici 2030, bien que la croissance réelle pourrait faiblir à 2,9 % en 2026 après avoir culminé à 3,5 % l’année précédente. La BEAC note que la région amorce un tournant économique avec un déclin structurel de la rente pétrolière, poussant vers une transition vers des secteurs non extractifs.
Dans ce cadre, le Cameroun et le Tchad semblent les mieux placés pour naviguer cette transition, soulignant l’urgence de renforcer la diversification économique, d’intensifier les réformes structurelles et de favoriser une intégration régionale plus poussée.
Une Fin de Cycle et un Début de Transformation
Le Congo, bien qu’il affiche une reprise progressive avec une croissance projetée à 8,1 % en 2030, reste sensible à la baisse de son secteur pétrolier. De manière inattendue, la République centrafricaine voit son économie prendre de la vitesse grâce à l’essor de la production aurifère.
Ainsi, la CEMAC, entre défis hérités et promesses d’avenir, trace le chemin d’une transformation économique nécessaire pour répondre aux enjeux mondiaux et régionaux. La diversification apparaît comme une clef de voûte pour garantir un développement durable et inclusif, primordial pour les économies africaines de demain.