Cameroun : grève illimitée dans les universités publiques
Cameroun : Le SYNES décrète une grève illimitée dans les universités publiques
Le Syndicat national des enseignants du supérieur (SYNES) au Cameroun a annoncé une grève illimitée dans les universités publiques, marquant ainsi une « rentrée académique morte ». Cette décision, qui émane du Bureau exécutif national (BEN-SYNES), est une réponse aux multiples doléances non résolues concernant le paiement de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche et d’autres préoccupations socio-économiques majeures affectant les enseignants et le climat universitaire.
Réuni le 3 septembre lors d’une session extraordinaire tenue par visioconférence, le BEN-SYNES a décidé de suspendre toutes les activités académiques et de recherche dans les institutions universitaires publiques à travers le pays. La secrétaire générale du BEN-SYNES, professeure Wogaing Fotso J., a souligné que cette décision fait suite à un examen approfondi et sans complaisance de la situation actuelle, notamment le non-paiement persistant des sommes dues pour le quatrième trimestre 2025 et les trimestres impayés de 2026.
Cette situation persiste malgré les efforts disciplinés et la mobilisation exemplaire des enseignants, comme l’a mentionné professeure Wogaing Fotso J. Cependant, le SYNES déplore l’indifférence persistante du gouvernement envers le dialogue social et la gestion des universités. Le syndicat dénonce le silence apparent et le mépris qu’affichent les autorités étatiques face à leurs revendications.
Le BEN-SYNES conditionne la levée de la grève à plusieurs exigences clés. Parmi celles-ci figurent une réponse à la demande d’audience adressée au président de la République le 20 janvier 2025, le paiement intégral des arriérés de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche pour tous les enseignants, et un règlement total de la dette académique accumulée.
Bien que la situation soit tendue, le syndicat a réitéré sa disponibilité à favoriser un dialogue social authentique et constructif, soulignant son engagement continu envers la défense des droits et de la dignité des enseignants du supérieur. Cette grève illimitée intervient dans un contexte où les revendications sociales et économiques dans le secteur de l’enseignement supérieur continuent de s’accumuler, au risque de perturber la stabilité académique et de compromettre l’avenir de nombreux étudiants.
À ce jour, aucune réaction officielle des autorités gouvernementales n’a été enregistrée, laissant un flou sur la manière dont cette crise pourrait être résolue dans les semaines à venir. Les étudiants, principaux concernés par cette suspension des activités académiques, sont en attente, espérant une issue favorable qui permettra la reprise des cours et la stabilité de leur formation.
La « rentrée académique morte » décrétée par le SYNES symbolise non seulement le blocage actuel mais aussi un appel urgent à une résolution proactive des conflits latents entre le milieu enseignant et le gouvernement camerounais.