Choléra à N’Djamena : les infrastructures d’assainissement

Choléra à N’Djamena : Les infrastructures d’assainissement face à un risque croissant

Le 24 juillet 2026, la ville de N’Djamena, capitale du Tchad, a été frappée par la confirmation de cas de choléra, suscitant de vives inquiétudes quant à l’état des infrastructures sanitaires de la métropole. Alors que le pays a enregistré un total de 167 cas à Karal, dans la région du Hadjer-Lamis, la maladie a désormais été identifiée dans plusieurs établissements de santé de la capitale.

Une épidémie en expansion

L’épidémie a été déclarée le 13 juin 2026, lorsque 16 cas de choléra, dont un décès, ont été notifiés à Karal. À mesure que les semaines passaient, le nombre de cas a grimpé, atteignant 129 cas avec quatre décès au 1er juillet, ce qui a poussé les autorités à intensifier leur réponse, notamment par des campagnes de sensibilisation, la distribution de kits de soins et la désinfection des transports reliant Karal à N’Djamena.

Cependant, le 24 juillet, le choléra a été officiellement identifié à N’Djamena à la suite d’analyses de gastro-entérite dans des centres de santé. La situation est préoccupante, d’autant plus que le nombre consolidé de cas dans la capitale et les détails sur la prise en charge des patients manquent encore, rendant difficile une évaluation précise de l’ampleur de l’épidémie.

L’assainissement en question

Le choléra s’épanouit dans des environnements où l’eau et les aliments sont susceptibles d’être contaminés. À N’Djamena, la saison des pluies met en lumière les lacunes du système d’assainissement. Dans de nombreux marchés, des produits alimentaires sont exposés à même le sol, souvent en contact avec des flaques d’eau souillée et des déchets, augmentant ainsi les risques de propagation de la maladie.

Face à cette situation alarmante, la mairie de N’Djamena a lancé le 24 juillet une opération de nettoyage au marché central, comprenant l’enlèvement des déchets et l’assainissement des zones considérées insalubres. Toutefois, ces actions ponctuelles suffiront-elles à résoudre un problème structurel de gestion des déchets et d’assainissement ?

Un réseau d’infrastructures sous pression

La problématique de l’assainissement à N’Djamena va au-delà des marchés. Elle concerne également le fonctionnement des caniveaux, les systèmes d’évacuation des eaux usées et pluviales, ainsi que la gestion des latrines. La lutte contre le choléra ne se limite pas à une intervention dans les établissements de santé. Elle doit débuter dans les quartiers, écoles et ménages, là où la prévention peut faire une différence significative.

L’UNICEF a salué l’importance de sa réponse en Tchad, mettant en avant des actions telles que la distribution d’eau potable, la réhabilitation de points d’eau et le soutien aux centres de traitement. Ceci souligne la nécessité d’une approche holistique, où la prise en charge médicale est intégrée dans une stratégie plus large d’assainissement et d’hygiène.

Des défis à relever

Le choléra n’est pas une maladie nouvelle au Tchad. Le pays a historiquement connu de graves épidémies, et ainsi, la question n’est pas de savoir si N’Djamena sera de nouveau touchée, mais plutôt si la ville pourra rapidement contenir la propagation du virus.

Cela dépendra d’un certain nombre de facteurs cruciaux : la rapidité de la prise en charge des symptômes, l’accès aux centres de traitement, la qualité de l’eau potable, la gestion des marchés, et l’efficacité des réseaux d’évacuation. Les retours d’expérience démontrent que la surveillance épidémiologique est tout aussi essentielle pour anticiper et répondre aux menaces sanitaires.

Vers une transformation durable

L’épidémie de choléra remet en question l’approche préventive de N’Djamena face à ce risque récurrent. Si une ville de plusieurs millions d’habitants doit attendre que des cas apparaissent pour engager des actions de nettoyage et de désinfection, il est clair que les mesures préventives restent insuffisantes.

La nécessité est désormais d’élaborer une politique d’assainissement durable, capable non seulement de répondre aux urgences sanitaires, mais également d’agir en amont, avant, pendant, et après les épidémies. Un tel engagement pourrait s’avérer crucial pour la santé de la population et pour la lutte contre des maladies potentiellement mortelles comme le choléra.