Culture au Tchad : Éduquer la jeunesse et développer le marché, défi

Culture au Tchad : Former la jeunesse et bâtir un marché, le défi de Mawndoé Célestin

Dans la capitale tchadienne, N’Djaména, un nouvel espace culturel voit le jour. Nommé « Au nom de l’art », cet établissement a pour vocation d’éveiller les enfants à l’art tout en œuvrant à l’instauration d’une économie culturelle solide pour les artistes locaux. C’est lors d’un déjeuner de presse à Bakara que son fondateur, Mawndoé Célestin, a exposé ses ambitions et ses projets.

Situé dans le 7e arrondissement, « Au nom de l’art » ne se limite pas à être une galerie d’exposition. Il représente un lieu de formation, de découverte et de rencontre, dédié à la création artistique sous toutes ses formes. La mission principale de cet espace est d’éduquer les jeunes générations à différentes expressions artistiques, au-delà de la musique. Célestin insiste sur l’importance d’apprendre à apprécier et à comprendre une œuvre pour développer une culture artistique soutenue au Tchad.

« Si demain nous voulons avoir des consommateurs d’art, il faut commencer par les éduquer », déclare-t-il. L’espace est conçu pour accueillir tant les jeunes aspirant à devenir artistes que ceux qui souhaitent simplement enrichir leur sensibilité artistique. À cet effet, une série de contenus éducatifs sera produite, et des initiatives sont en cours pour établir un programme de formation aux pratiques artistiques.

Pour Mawndoé Célestin, l’éducatif, bien que fondamental, ne suffit pas seul. Il souligne l’absence d’un marché culturel véritable, essentiel pour permettre aux artistes de vivre de leur travail. « Tant que nous ne parviendrons pas à créer un marché qui génère des revenus pour les artistes, ces derniers ne pourront rien faire. C’est une réalité que nous devons accepter », affirme-t-il.

La problématique de la viabilité économique des artistes tchadiens est cruciale. Peu d’entre eux parviennent réellement à vivre de leur art. Les débouchés pour les peintres, sculpteurs et autres créateurs sont limités, et les moyens pour promouvoir leur travail, en particulier en dehors de la musique, sont souvent inaccessibles. Mawndoé Célestin pose donc la question essentielle des financements et des mécanismes de diffusion nécessaires à la professionnalisation du secteur culturel au Tchad.

De plus, il appelle les médias à participer activement à ce processus. La promotion des événements artistiques doit aller de pair avec une initiative plus large de sensibilisation du public, afin de faire connaître les artistes et leurs œuvres. Cela inclut également une réflexion sur la nécessité de former des journalistes spécialisés dans la culture, une démarche qui pourrait contribuer à dynamiser le milieu artistique.

En somme, « Au nom de l’art » se positionne comme un laboratoire d’idées et d’initiatives. L’espace vise à sensibiliser la jeunesse, à former un public averti et à poser les fondations d’une économie culturelle durable au Tchad. C’est un projet ambitieux qui espère transformer le paysage artistique national en apportant à la fois éducation et opportunités économiques aux artistes tchadiens.