Tchad : Lecture du Coran pour la paix et la guérison

Le dimanche 8 novembre, le Tchad a vécu une journée particulière dédiée à la lecture collective du Saint Coran, marquée par des prières et des invocations pour solliciter la clémence divine. Cette initiative, orchestrée par le Conseil supérieur des affaires islamiques du Tchad (CSAI) sous la direction de son président, Cheikh Abdeldahim Abdallah Ousman, vise à apporter une réponse spirituelle aux défis majeurs que traverse actuellement le pays.

En effet, cette mobilisation survient dans un contexte inquiétant où une épidémie de dengue sévit particulièrement à N’Djamena, semant la panique au sein de la population. Selon le bilan arrêté au 3 novembre, la dengue a déjà causé 18 décès, et 6 275 cas suspects ont été enregistrés. À ce contexte sanitaire tendu s’ajoutent des décès inexpliqués récurrents dans les communautés. Devant cette situation, le ministre de la Santé, Abdelmadjid Abderahim Mahamat, a admis une « mortalité communautaire importante », bien que les causes exactes ne soient pas encore médicalement confirmées.

En parallèle à cette crise sanitaire, des conflits persistants entre agriculteurs et éleveurs continuent de déstabiliser plusieurs régions du Tchad. Cheikh Abdeldahim Abdallah Ousman a insisté sur la nécessité pour les fidèles musulmans de se tourner vers Allah, en multipliant les prières et en renforçant leur solidarité à travers des actes de bienfaisance, dont les aumônes en faveur des plus démunis. Il a également mis l’accent sur l’importance du repentir, autant pour les maux physiques que pour les maux sociaux qui affectent le pays.

L’initiative de la journée nationale de lecture du Coran, initialement lancée durant le dernier mois de Ramadan, est désormais renouvelée tous les deux mois. Elle est perçue comme un temps de recueillement collectif où la nation tchadienne peut invoquer la paix, la santé et la stabilité. Pour permettre à un maximum de personnes de participer, le président du CSAI a demandé aux autorités locales de faciliter ces rassemblements spirituels en autorisant la fermeture des marchés et commerces de 7 h à 9 h, le temps des lectures et des prières.

Au-delà de la dimension spirituelle, cet événement religieux est aussi conçu comme un appel à l’unité et à la résilience collective face aux adversités actuelles. Les efforts de solidarité suggérés par le Cheikh visent à pallier les déficits causés par les conflits et les épidémies, apportant dans la même veine un soutien symbolique aux efforts déployés par les autorités sanitaires et civiles du pays.

Ainsi, la journée de lecture du Coran au Tchad se pose comme un élan de mobilisation nationale où les dimensions spirituelles, sociales et politiques se rencontrent, dans l’espoir d’une issue favorable aux drames pluriels affectant le pays. Le rappel des valeurs de partage et de pardon souligné par les responsables religieux demeure un message clé dans la quête de paix et de réconciliation nationale, dans un contexte marqué par une vulnérabilité accrue.