Drones et violences : les humanitaires ciblés en conflit

Les humanitaires sous le feu : drones et violences redessinent les conflits

À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée le 19 août, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a livré un rapport préoccupant sur l’état de la sécurité des travailleurs humanitaires à travers le globe. En 2025, pas moins de 907 travailleurs humanitaires ont été victimes de violences dans plusieurs des régions les plus instables de la planète.

Bien que le nombre de décès ait connu une légère diminution par rapport à l’année précédente, les pertes humaines restent malheureusement élevées. Pas moins de 350 travailleurs humanitaires ont perdu la vie en 2025, représentant le deuxième bilan le plus tragique jamais enregistré.

La tendance actuelle ne laisse pas présager d’amélioration. Depuis le début de l’année 2026, 82 travailleurs humanitaires ont été tués, 322 blessés et 235 enlevés, selon les données de Humanitarian Outcomes, une base de données sur la sécurité des humanitaires financée par les gouvernements australien et canadien.

Le territoire de Gaza demeure, pour une troisième année consécutive, le plus dangereux pour le personnel humanitaire. Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu en octobre dernier, 186 travailleurs humanitaires y ont trouvé la mort, dont 68 % lors de frappes aériennes.

Au Soudan, la situation reste également préoccupante. Le conflit, qui persiste avec une intensité inchangée, a entraîné une augmentation du nombre de victimes pour la cinquième année consécutive. En 2025, un nombre record de 71 travailleurs humanitaires ont été tués, principalement par des tirs d’armes légères.

Dans son message pour cette journée commémorative, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a salué le courage des humanitaires, quotidiennement exposés aux menaces, arrestations et détentions. « La désinformation érode la confiance. Les financements humanitaires diminuent. Et l’accès humanitaire se restreint », a-t-il déclaré, en appelant les États membres à assurer la protection de ceux qui, chaque jour, assistent des millions de personnes dans le besoin.

Tom Fletcher, coordinateur des affaires humanitaires et des secours d’urgence des Nations unies, a également rappelé que plus de 1 000 travailleurs humanitaires ont été tués en seulement trois ans, qualifiant cette situation d’inacceptable.

La Journée mondiale de l’aide humanitaire a été instaurée en souvenir de l’attentat à la bombe ayant frappé l’hôtel Canal à Bagdad en 2003. Chaque année, le 19 août, elle honore la mémoire des travailleurs humanitaires disparus et souligne l’importance cruciale de leur mission.