Éviction dans le 9e : « Attendre la fin des pluies », propose Halata

Déguerpissement dans le 9e arrondissement : Les tensions montent à N’Djaména

Récemment, le 9e arrondissement de N’Djaména a été le théâtre de tensions croissantes autour des opérations de déguerpissement. Le ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mahamat Assileck Halata, a abordé cette problématique sensible lors d’un entretien accordé au Groupe Tchadinfos.

Le ministre a clarifié que le gouvernement n’avait pas ordonné la démolition des habitations des citoyens. Selon ses propos, aucune instruction officielle n’a été donnée pour détruire les maisons. « Personne n’a donné les instructions au niveau du gouvernement de venir casser vos maisons », a-t-il déclaré, soulignant son incompréhension face aux récentes actions.

Mahamat Assileck Halata a également souligné l’importance d’une approche mesurée, notamment pour les constructions érigées sur des réserves foncières. Il a proposé de reporter les décisions jusqu’à la fin de la saison des pluies pour éviter des complications supplémentaires : « Même si c’est une réserve, on peut surseoir, attendre la fin de la saison des pluies et prendre la décision qui s’impose. »

Cette déclaration intervient après une polémique déclenchée par les propos de Fangnuizouné Paul, administrateur délégué du gouvernement auprès de la commune du 9e arrondissement. Lors d’une visite ministérielle à la suite des déguerpissements, les commentaires de Fangnuizouné Paul ont suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. Il avait affirmé que les ministres ou hauts responsables s’exposaient à des réactions de rejet s’ils ne respectaient pas les procédures administratives habituelles.

En réaction à cette prise de position, le ministre de l’Urbanisme a rappelé avec fermeté la hiérarchie en vigueur dans l’administration tchadienne. « Ce délégué [Fangnuizouné Paul] faut qu’il comprenne, un ministre est nommé par un décret, lui on le désigne par arrêté », a-t-il précisé, soulignant la nécessité de respecter les structures de l’État.

Conséquence directe de cette controverse, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Limane Mahamat, a pris la décision de suspendre Fangnuizouné Paul. Son éviction de ses fonctions d’administrateur délégué du gouvernement auprès de la commune du 9e arrondissement a été motivée par des accusations de « forfaiture ».

Cette série d’événements met en lumière les tensions sous-jacentes entre les différentes échelons du gouvernement et les défis posés par la gestion des espaces urbains et fonciers à N’Djaména. Alors que le débat sur le déguerpissement continue de faire rage, les autorités semblent chercher des solutions pour apaiser les tensions et réorganiser de manière rationnelle l’occupation des terres urbaines.