N’Djaména : réticence face au recensement

Recensement à N’Djaména : Enjeux et Défis de l’Enrôlement de la Population

Le troisième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-3) est en cours à N’Djaména. Cependant, une semaine après le lancement officiel de la collecte, l’enrôlement des habitants se heurte à des résistances notables. Une visite de terrain organisée par le Bureau central du recensement pour les médias, le 27 juin, a mis en lumière ces défis dans les arrondissements de la capitale.

La première étape de cette visite s’est déroulée dans le 1er arrondissement de N’Djaména, où les agents recenseurs, équipés de tablettes, s’efforcent d’enregistrer les données de la population. Les opérations de recensement consistent à recueillir des informations précises telles que le lieu et la date de naissance des résidents, ainsi que la composition des ménages. Une fois les informations recueillies, une affichette est apposée sur les habitations recensées.

Toutefois, malgré ces efforts, plusieurs difficultés freinent le processus. Dans le quartier Goudji Hamral Goz du 2e arrondissement, une agente a exprimé son inquiétude quant à la sensibilisation insuffisante des habitants. « Certains ménages ne sont pas informés », déclare-t-elle. La mission des agents recenseurs ne se limite donc pas au simple enregistrement, mais comprend aussi la sensibilisation des familles à l’importance de cet exercice.

Dans le 4e arrondissement, sous la direction d’Abakar Annour et de son équipe de 17 contrôleurs, des efforts considérables sont déployés pour améliorer les conditions techniques et humaines du recensement. Cependant, il reste des obstacles. Les réticences de la population et certaines limitations techniques, comme le démarrage tardif de la connexion pour les tablettes, ralentissent le processus. « Convaincre les gens prend beaucoup de temps », admet Abakar Annour, soulignant par ailleurs la nécessité de vigilance quant à l’engagement des agents, certains semblant peu motivés.

Les tensions sont particulièrement palpables dans le 3e arrondissement, au quartier Kabalaye. Les difficultés socio-économiques exacerbent la défiance envers le recensement. Des habitants y expriment leur refus catégorique de participer : « Nous sommes gangrenés par la faim et le chômage. On ne veut pas de votre recensement ! »

Cette réticence générale compliquée par des portes fermées est déplorée par plusieurs agents. Un agent recenseur témoigne que, dans certains quartiers, une coopération même minimale des ménages est difficile à obtenir.

Malgré cela, le recensement continue, avec une date de fin fixée au 21 juillet. Les autorités insistent sur l’importance de ce recueil de données pour faciliter la planification des politiques de développement futures. Les informations collectées seront essentielles pour répondre aux besoins d’une population en évolution, mais l’adhésion généralisée demeure un objectif à atteindre pour le succès complet de ce recensement crucial.