Intégration des jeunes dans la Fonction publique au Tchad

Intégration à la Fonction publique au Tchad : Les jeunes sans réseau face à l’équité

À N’Djamena, l’annonce récente de l’intégration de 226 agents et du recrutement de 500 paramédicaux dans la Fonction publique suscite des réactions contrastées. Ce nouvel afflux de postes disponibles relance un débat récurrent : les jeunes sans réseau ont-ils véritablement leur chance d’accéder à l’emploi public ?

La décision des autorités de renforcer les ressources humaines dans le secteur de la santé arrive à un moment où de nombreux diplômés tchadiens se heurtent à des difficultés d’insertion sur le marché du travail. Après plusieurs années d’études, ils se retrouvent souvent désemparés, alors que les opportunités se font rares.

Derrière les chiffres dévoilés se cachent de nombreux diplômés en attente. Le collectif des lauréats des écoles publiques de santé dénonce le fait que certaines promotions ont été ignorées lors des dernières opérations de recrutement. Pour ces jeunes, il est impératif que le processus de sélection repose sur des critères clairs de transparence, d’équité et de non-discrimination.

Les questions soulevées dépassent le simple domaine de la santé. Quelle méthode de sélection adopter ? Faut-il privilégier l’ancienneté, le mérite, l’expérience ou encore les candidatures des jeunes qui attendent depuis le plus longtemps ? Autant de considérations qui préoccupent les jeunes chercheurs d’emploi.

Pour beaucoup de N’Djamenois, cette situation est d’abord perçue à l’aune d’enjeux sociaux. L’absence de relations ou de soutien financier accentue le sentiment d’inégalité face à la compétition pour l’accès aux postes. La perception est claire : sans réseau, les chances d’accéder à un emploi public se réduisent considérablement.

Pour remédier à ces inquiétudes, les candidats souhaitent voir mises en place des garanties procédurales : publication des critères de sélection, transparence des listes de candidat, respect de l’ordre de mérite et mise en place d’un contrôle indépendant. Un cadre réglementaire rigoureux pourrait ainsi contribuer à restaurer la confiance dans le processus de recrutement.

Cependant, l’intégration de quelques centaines de nouveaux agents ne suffira pas à résoudre le problème de l’emploi qualifié au Tchad. Le collectif COMENI-TCHAD évoque par exemple le cas dramatique de 926 médecins qui attendent toujours leur intégration dans la Fonction publique, illustrant ainsi l’ampleur de la crise de l’emploi.

La question de l’intégrité de la Fonction publique se pose avec acuité. Il est crucial que cette dernière demeure un sanctuaire du mérite, où chaque jeune diplômé puisse espérer une chance équitable d’intégration. Les autorités sont désormais interpellées pour mettre en œuvre des mesures qui garantissent l’égalité des chances, alors que les jeunes diplômés continuent de revendiquer leur droit à une véritable opportunité.