Soudan : les Émirats démentent une implication après un rapport

Soudan : Les Émirats Árabes Unis Démentent Toute Implication dans le Conflit Suite à un Rapport de l’ONU

Les Émirats arabes unis ont expressément nié toute implication dans le conflit en cours au Soudan, en réponse à un rapport de l’Organisation des Nations unies qui met en lumière l’existence de réseaux transnationaux ayant utilisé notamment le Tchad pour acheminer du personnel et du matériel aux Forces de soutien rapide (FSR).

Le rapport, issu d’une mission d’enquête de l’ONU sur le Soudan, précise que ces réseaux ont exploité des routes de transit passant par le Tchad, le sud-est de la Libye et Bosaso en Somalie. Ils auraient contribué à fournir des armes, de la logistique et même un encadrement étranger aux FSR, une faction en opposition armée dirigée par le général Mohamed Hamdane Daglo.

La Mission permanente des Émirats arabes unis auprès des Nations unies à Genève a réagi fermement, affirmant dans une déclaration datée du 3 septembre que le pays « n’est pas impliqué dans la guerre civile au Soudan » et n’a fourni « ni armes ni matériel connexe » depuis le commencement des hostilités en avril 2023. Abou Dhabi a insisté sur le fait que ces conclusions devraient être abordées sous une méthodologie impartiale, objective et fondée sur des preuves, avec des informations dûment vérifiées.

L’investigation de l’ONU n’implique pas les autorités tchadiennes dans l’organisation ou la facilitation de ces mouvements. Elle met néanmoins en avant la responsabilité qu’ont les États affectés de prévenir et enquêter sur ces activités illicites. Makaila Ahmad, ambassadeur du Tchad à Genève, a également défendu la neutralité de son pays, soulignant que d’importants efforts sont déployés pour maintenir la sécurité frontalière et prévenir le trafic d’armes.

En parallèle, les Émirats appellent à l’extension de l’embargo sur les armes à l’ensemble du territoire soudanais pour éviter que toute forme de soutien militaire extérieur n’aggrave le conflit.

La guerre au Soudan a éclaté il y a environ un an lorsque des tensions non résolues entre l’armée régulière, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane, et les FSR ont dégénéré en affrontements ouverts. Ce conflit a engendré l’une des crises humanitaires les plus sévères au monde, avec des millions de personnes déplacées à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Les efforts diplomatiques pour parvenir à une trêve stable ont jusqu’à présent échoué, tandis que les conditions de vie continuent de se détériorer pour des milliers de civils.

Les diverses allégations de soutien étranger aux belligérants restent un sujet de grande préoccupation aux niveaux régional et international, alors que les acteurs locaux et internationaux cherchent des moyens de désamorcer le conflit.