Julius Malema condamné à cinq ans de prison pour un tir lors d’un rassemblement de l’EFF en 2018 : un tournant judiciaire en Afrique du Sud.

Julius Malema condamné à cinq ans de prison pour possession d’arme et mise en danger publique

Le tribun de gauche sud-africain, Julius Malema, dirigeant des Economic Freedom Fighters (EFF), a été condamné à cinq ans de prison ferme par le tribunal de KuGompo dans l’Eastern Cape.

Un incident marquant lors des célébrations de l’EFF

Les événements remontent à juillet 2018 durant les festivités marquant le cinquième anniversaire de l’EFF au stade Sisa Dukashe à Mdantsane. Une vidéo, devenue virale, montrait Malema tirant plusieurs coups de feu en l’air avec un fusil semi-automatique devant une foule nombreuse de sympathisants. D’après les témoignages, entre 14 et 15 coups de feu auraient été tirés. Selon la magistrate Twanet Olivier, cet acte ne relevait pas de l’impulsivité, mais plutôt d’une intention manifeste de violer les lois sur les armes à feu. L’État avait quant à lui réclamé la peine maximale de 15 ans.

Une contestation ferme de Julius Malema

Âgé aujourd’hui de 45 ans, Malema a contesté les faits, soutenant que l’arme utilisée ne lui appartenait pas. Il a affirmé que les tirs avaient pour seul but d’encourager la foule lors de cet événement festif. Il a par ailleurs accusé la magistrate Olivier de partialité, évoquant un traitement raciste, notamment après l’acquittement de son ancien garde du corps, caucasien, jugé pour des faits similaires. En soutien à leur leader, des centaines de partisans vêtus de rouge se sont rassemblés devant le tribunal.

Conséquences politiques et sociales

Un appel a été autorisé concernant la peine, bien que la condamnation reste en vigueur. Si la sentence est maintenue, Malema pourrait perdre son siège de député, en vertu de la loi sud-africaine interdisant aux personnes condamnées à plus de 12 mois de prison sans recours à une amende de siéger au Parlement. Les peines complémentaires, comme deux ans pour possession de munitions, sont à purger simultanément avec la peine principale.

Ce verdict survient dans un climat politique tendu. Figure populiste prônant la nationalisation des mines et l’expropriation sans compensation, Malema reste une personnalité clivante en Afrique du Sud. L’affaire, portée par le groupe afrikaner AfriForum, a ravivé les tensions politiques.

Perspectives et réactions

Julius Malema, déterminé à poursuivre son combat judiciaire, voit ses partisans dénoncer une instrumentalisation politique de la justice. L’avenir politique de Malema est actuellement incertain, au moment où les débats sur les réformes économiques et la justice sociale sont au cœur des préoccupations en Afrique du Sud.