Le MRC du Cameroun interpelle l’Union africaine face à un changement anticonstitutionnel préoccupant

Crise politique au Cameroun : le MRC interpelle l’Union africaine

Dans un communiqué du 23 avril, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a annoncé avoir saisi l’Union africaine pour dénoncer ce qu’il considère comme un « changement anticonstitutionnel de gouvernement » au Cameroun. Le parti a ainsi réclamé des sanctions contre le pays, conformément aux règlements de l’organisation panafricaine.

Le président du MRC, Maurice Kamto, a signé un document indiquant qu’un mémorandum avait été envoyé le 20 avril au Président de la Conférence des Chefs d’État et au Président de la Commission de l’Union africaine. Cette initiative met en exergue deux préoccupations majeures. D’abord, la réforme constitutionnelle du 14 avril 2026, dont la loi n°2026/002 introduit un poste de vice-président nommé par le Chef de l’État. Ce vice-président, en cas de vacance du pouvoir, achèverait le mandat présidentiel sans passer par un suffrage universel. Le MRC estime que cela permettrait au président sortant de choisir son successeur, ce qui contreviendrait à l’article 64 de la Constitution et aux principes démocratiques de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG).

Ensuite, le parti critique les reports répétés des élections législatives et municipales depuis 2024. Ces « prorogations répétées », selon le MRC, affaiblissent la légitimité des institutions en soustrayant les mandats au contrôle du vote populaire.

En évoquant l’article 4(p) de l’Acte constitutif de l’Union africaine ainsi que les articles 3(10) et (4) de la CADEG, le MRC argue que les réformes en cours instaurent un « mécanisme successoral non électif ». Cette situation soulève la crainte d’une « crise politique grave » qui pourrait menacer la cohésion nationale.

Le parti a appelé les Camerounais à la vigilance pour empêcher l’établissement, selon ses termes, d’une forme de monarchie et les a encouragés à signer une pétition contre ce qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel ».

Cette démarche du MRC intervient dans un climat politique déjà tendu, avec des rapports de tensions croissantes entre le parti au pouvoir et l’opposition. Le débat sur la réforme constitutionnelle au Cameroun pourrait bien animer les discussions politiques au niveau national et international, tout en mettant à l’épreuve les institutions démocratiques du pays.