Liaison ferroviaire : Feu vert pour Ngaoundéré-N’Djamena

Cameroun-Tchad : Feu vert pour la Ligne Ferroviaire Ngaoundéré – N’Djamena

Après plus d’un an de débats et d’attente, la présidence camerounaise a finalement approuvé le tracé de la nouvelle ligne ferroviaire reliant la ville de Ngaoundéré, située au nord du Cameroun, à N’Djamena, capitale du Tchad. C’est par une décision annoncée le 5 juin par Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, que la décision a été transmise au ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe. Le média Africa Intelligence a rapporté cette évolution cruciale pour le développement infrastructurel de la région.

Le tracé sélectionné, qui passe par Garoua, Maroua, Kousseri avant d’atteindre N’Djamena, a été préféré à deux autres options. Les alternatives incluaient un itinéraire central via Figuil et Pala, et une route passant par Moundou et Bongor au Tchad. Le choix final s’est porté sur l’option occidentale, bien que certains experts aient critiqué sa logique économique. Toutefois, ce trajet permettra de desservir efficacement Maroua et Garoua, deux localités ayant exprimé leur mécontentement lors des insurrections liées à la présidentielle d’octobre 2025. Le manque d’infrastructures de transport figurait parmi leurs revendications majeures.

Sur le plan économique, le Tchad compte beaucoup sur ce projet ferroviaire pour réduire sa dépendance aux transports routiers souvent instables. Avec un coût estimé à environ 6 000 milliards de FCFA, soit près de 9 milliards d’euros, le projet pose de nombreux défis logistiques et financiers.

Dans ce contexte, un protocole d’accord avec Etihad Rail, la compagnie publique émirienne, a été validé par Yaoundé. Déjà lié au Tchad depuis mai 2025, Etihad Rail est désormais chargé de réviser l’étude de faisabilité et de commencer à mobiliser les financements nécessaires. L’installation de ce partenariat avec une entité internationale montre la volonté du Cameroun de s’allier avec des partenaires étrangers pour mener à bien cet ambitieux projet.

Ce développement ferroviaire, au-delà de l’amélioration des infrastructures, est aussi perçu comme une opportunité d’apaisement social et économique dans ces régions marquées par des tensions récentes. Au-delà des enjeux logistiques, la réalisation de cette ligne pourrait symboliser une avancée vers la stabilité et la collaboration régionale.

Le feu vert donné à ce projet marque ainsi une étape significative dans le renforcement des liens entre le Cameroun et le Tchad. Reste à voir comment les prochains mois se dérouleront sur le terrain, entre études approfondies et démarche de financement, pour concrétiser ce qui est sur le point de devenir une infrastructure stratégique pour le développement régional.