N’Djamena : le calvaire quotidien d’une crise électrique
N’Djamena : la crise de l’électricité à Mardjandafak plombe le quotidien des habitants et des artisans
Dans le quartier de Mardjandafak, situé dans le 2ème arrondissement de N’Djamena, la situation énergétique est devenue une source de désespoir pour les habitants. Les coupures d’électricité récurrentes perturbent gravement la vie quotidienne des résidents et l’activité économique des artisans. Selon les témoignages recueillis, le courant électrique n’est disponible que sporadiquement, souvent entre 2 heures et 6 heures du matin, rendant difficile toute forme de travail ou de vie normale.
La détresse des habitants est palpable. Plusieurs d’entre eux rapportent ne bénéficier d’électricité que quelques heures par semaine, pour des interruptions fréquentes qui compliquent leur existence. Un conseiller municipal a confirmé ce constat, expliquant que l’alimentation électrique n’est pas fiable et préjudiciable pour la communauté. Il a ajouté que cette situation obligerait nombre de commerçants et d’artisans à dépendre de groupes électrogènes pour fonctionner, engendrant des coûts supplémentaires en raison de la nécessité d’acheter du carburant.
L’impact sur l’économie locale est considérable. Les coûts liés à l’utilisation de groupes électrogènes, en plus des frais d’entretien, pèsent lourd dans le budget des artisans. L’un des commerçants a expliqué : « Quand il n’y a pas d’électricité, nous sommes obligés d’utiliser le groupe électrogène. Cela demande du carburant et augmente nos dépenses. »
Les artisans de la couture, en particulier, sont les plus affectés par cette crise. Un jeune couturier du quartier a partagé son expérience : « Nous voyons rarement le courant, parfois seulement deux fois par semaine. Quand il vient, c’est vers 2 heures du matin et il coupe à 6 heures. Nous sommes dépassés. » Il a ajouté que cette pénurie entrave gravement sa productivité, car il lui est impossible de travailler efficacement sans une alimentation électrique stable.
Le recours aux panneaux solaires a été évoqué par plusieurs artisans comme une solution potentielle pour atténuer les coupures. Cependant, ils s’accordent à dire que ces dispositifs ne suffisent pas à couvrir tous leurs besoins. L’artisan a fait appel à la Société Nationale d’Électricité (SNE) en exprimant le souhait que des solutions durables soient envisagées : « Notre message aux agents de la SNE, c’est qu’ils devraient explorer d’autres alternatives, comme les panneaux solaires. Mais actuellement, nous sommes vraiment dépassés. »
Les conséquences des coupures d’électricité ne se limitent pas seulement à des inconvénients économiques ; elles mettent en péril la sécurité alimentaire des ménages et compromettent la scolarité des enfants. La difficulté à conserver des denrées périssables et les perturbations dans le fonctionnement des petits commerces exacerbent une situation déjà précaire. Des familles entières en souffrent, alors que leur survie économique est mise à l’épreuve.
Face à ce constat alarmant, les résidents de Mardjandafak appellent à une refonte de la desserte électrique. Ils réclament des solutions efficaces pour rétablir un service d’électricité fiable qui leur permettrait de retrouver des conditions de vie dignes. À Mardjandafak, l’accès à l’électricité est devenu un enjeu crucial et un combat quotidien pour les habitants désireux de préserver leur tissu économique et social.