Quatre jeunes arrêtés chez un conseiller de la Primature au Tchad

Tchad : Quatre jeunes arrêtés chez un conseiller à la Primature

Dans la nuit du vendredi 9 au samedi 10 octobre 2026, quatre jeunes, dont trois élèves et un étudiant, ont été enlevés à leur domicile situé à Goudje, dans le 10e arrondissement de N’Djamena, par des hommes armés. Selon des sources concordantes rapportées par le média Alwihda, l’incident survient dans un contexte de tensions persistantes au Tibesti, une région récemment touchée par des violences.

Les ravisseurs, armés et circulant à bord de trois véhicules sans plaque d’immatriculation, ont fait irruption au domicile de Molia Tahar, ancien député du Tibesti et conseiller à la Primature, actuellement en mission dans sa province d’origine pour apaiser les tensions consécutives à la mort d’un orpailleur. Après avoir tenté de frapper à la porte sans succès, ces individus ont escaladé le mur de la propriété aux environs de deux heures du matin, emportant les quatre jeunes vers une destination inconnue.

Les personnes enlevées ont été identifiées comme Hissein Adoum Outman, Ahmat Mahamat Abakar, Khamiss Koki Edji et Djouma Yeskia Mahamat. Des proches des victimes évoquent des rumeurs selon lesquelles ces arrestations pourraient être liées aux tensions qui sévissent dans la région du Tibesti ainsi qu’à des messages controversés diffusés sur les réseaux sociaux.

Cette opération s’inscrit dans une évolution préoccupante de la situation sécuritaire au Tchad depuis l’accession au pouvoir de Mahamat Idriss Déby en avril 2021. Le pays a en effet enregistré de nombreux cas d’enlèvements ciblant des individus perçus comme opposants au régime, tant dans la capitale qu’en province. Ces détentions, souvent qualifiées d’extrajudiciaires, soulèvent de vives inquiétudes quant au respect des droits humains et à la protection des citoyens. Les personnes disparues comprennent non seulement des opposants politiques, mais également des journalistes et des défenseurs des droits humains.

En 2026, alors que le monde commémore le 20e anniversaire de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, des institutions telles que l’ONU sont en alerte face à des centaines de signalements à travers le monde qui relèvent de cette problématique.

Les arrestations récentes, attribuées principalement à la Direction Générale des Renseignements et de la Sécurité Intérieure (DGRI), portent un coup à l’image internationale du Tchad. En plus de ces enlèvements, les autorités tchadiennes sont critiquées pour des restrictions répétées des libertés fondamentales, telles que l’interdiction de manifestations pacifiques et la répression systématique de celles qui osent braver cette prohibition. Des mesures répressives récentes ont également conduit à la dissolution de plusieurs associations et partis politiques, malgré les engagements pris par le Tchad au niveau régional et international. Cette dynamique soulève des questions sur l’avenir politique du pays et sur les possibilités d’une issue de crise respectueuse des droits des citoyens.

L’enlèvement de ces jeunes illustre une situation alarmante, empêchant ainsi toute avancée significative vers un climat de paix durable et de respect des droits humains dans le pays. Les familles des victimes et la communauté internationale demeurent en attente de réponses claires et de justice face à ces agissements.