N’Djamena : le SET critique les hausses salariales des enseignants
Éducation : Le SET de N’Djamena critique les revalorisations salariales des enseignants jugées insuffisantes
La semaine dernière, une rencontre entre le ministre de la Fonction publique, Abdoulaye Mbodou Mbami, le ministre de l’Éducation, Dr Mahamat Ahmad Alhabo, et des responsables syndicaux s’est tenue pour discuter de l’avenir du secteur éducatif au Tchad. À cette occasion, le gouvernement a annoncé deux revalorisations financières pour les enseignants. Cependant, ces propositions ont immédiatement suscité des critiques de la part du Syndicat des enseignants du Tchad (SET), notamment de sa section à N’Djamena.
Lors de cette réunion, le gouvernement a prévu d’octroyer une première prime de 10 000 F CFA en janvier 2027, suivie d’une augmentation supplémentaire de 5 000 F CFA en janvier 2028. Selon Abdelkader Djibia, secrétaire général du SET de N’Djamena, ces mesures sont très en deçà des attentes des enseignants et ne répondent pas aux difficultés quotidiennes auxquelles ils font face. M. Djibia estime que les propositions gouvernementales, étalées sur deux ans, ressemblent plus à une moquerie qu’à une véritable aide pour la communauté éducative.
Pour le SET, ces ajustements financiers ne prennent pas en compte l’augmentation du coût de la vie ni les conditions de travail actuelles des enseignants tchadiens. Djibia critique également ce qu’il perçoit comme un manque de considération pour le rôle crucial des enseignants. Il estime que les revalorisations annoncées sont « décalées des réalités du terrain » et ne répondent pas aux revendications fondamentales des enseignants.
Au centre des revendications syndicales se trouve le décret 2850, qui aborde divers avantages pour le corps enseignant. Abdelkader Djibia appelle à la clarté sur la relation entre les primes annoncées et les avantages garantis par ce décret. Il insiste sur le fait que les mesures de revalorisation ne devraient pas remplacer l’application complète des droits acquis.
Djibia reproche au gouvernement ses retards fréquents concernant le paiement intégral des rappels et la revalorisation effective des indemnités prévues. Cette situation, selon lui, non seulement fragilise le dialogue social mais également traduit l’absence d’une réelle volonté politique de restaurer les droits des enseignants.
À quelques mois seulement de la rentrée scolaire 2026-2027, le climat d’incertitude persiste. Le secrétaire général du SET de N’Djamena se dit inquiet pour l’avenir, soulignant que la confiance entre les enseignants et le gouvernement est grandement érodée. Pour lui, une rentrée sereine est impossible tant que les enseignants continueront de se sentir « méprisés et dévalorisés ».
Parmi les problèmes non résolus figure également la question du demi-salaire de février, retenue selon le syndicat, sans restitution à ce jour. Plusieurs promesses concernant ce paiement ont été faites par le médiateur de la République et d’autres instances gouvernementales, mais l’actuel ministre de l’Éducation n’a pas encore tenu cet engagement.
Face à ces multiples défis, le SET exhorte ses membres à rester mobilisés. Abdelkader Djibia insiste sur l’importance de l’unité et de la vigilance parmi les enseignants pour continuer à défendre leurs droits et obtenir le respect et la reconnaissance qu’ils méritent.
Ce bras de fer avec le gouvernement souligne la nécessité de réformes éducatives plus substantielles et une gestion plus transparente des revendications du personnel enseignant. La suite des événements pourrait bien déterminer la stabilité du secteur éducatif tchadien dans les années à venir.
Interview réalisée par Ndilnodji Stéphane