ONU : Agir pour les Femmes, la Paix et la Sécurité

Femmes, paix et sécurité : l’ONU presse les États de concrétiser leurs engagements

Vingt-six ans après l’adoption de la résolution 1325 par le Conseil de sécurité de l’ONU, les promesses restent, pour beaucoup, lettre morte. Cette résolution historique vise à reconnaître et à renforcer le rôle des femmes dans la prévention des conflits, les négociations de paix et la reconstruction des sociétés. Pourtant, les femmes demeurent largement écartées des processus formels de prises de décision en matière de paix et de sécurité.

António Guterres, le Secrétaire général des Nations Unies, lors d’un débat public devant le Conseil de sécurité mardi dernier, a exprimé sa profonde inquiétude devant ce décalage entre les engagements déclarés et les décisions concrètes. Il a insisté sur la nécessité pour les États de prendre des actions tangibles afin de respecter et de promouvoir les objectifs de la résolution 1325.

La Directrice exécutive d’ONU Femmes, Sima Bahous, a souligné que moins de 20 % des accords de paix conclus en 2025 prenaient en compte les femmes, les filles, les questions de genre ou les violences sexuelles. Cette faible intégration des questions de genre dans les accords de paix reflète le manque de participation des femmes aux processus de négociation. De plus, aucun des treize cessez-le-feu conclus en 2025 n’intégrait de manière substantielle les préoccupations liées aux femmes et aux filles, ni n’adressait spécifiquement la question des violences sexuelles.

Ce constat préoccupant est accentué par la situation sur le terrain dans différents pays en conflit. Selon ONU Femmes, environ 756 millions de femmes et de filles vivent actuellement à moins de 50 kilomètres d’une zone de conflit armé, un chiffre alarmant. Des régions telles que le Myanmar, le Soudan et le Territoire palestinien occupé connaissent des attaques dans des zones densément peuplées, accroissant les dangers auxquels font face les femmes et les filles.

Les répercussions vont au-delà de la violence physique. Dans ces zones de conflit, les femmes sont aussi plus exposées aux décès maternels évitables. En parallèle, la scolarisation des filles est souvent compromise, les privant ainsi d’opportunités futures et renforçant les cycles de pauvreté.

Face à ces réalités, António Guterres a appelé à un changement sur trois fronts essentiels. D’abord, il a insisté pour que l’on garantisse une participation accrue des femmes dans tous les processus de paix. Ceci nécessiterait des réformes structurelles pour permettre l’inclusion des femmes à tous les niveaux de décision.

Ensuite, le Secrétaire général a souligné l’importance de financer durablement les organisations qui œuvrent pour les droits des femmes. Malgré leur rôle crucial sur le terrain, ces organisations font face à des financements de plus en plus limités. Assurer leur viabilité financière est vital pour maintenir et renforcer leur action en faveur de la paix et de la sécurité.

Enfin, Guterres a martelé la nécessité de lutter contre l’impunité des violences faites aux femmes et aux filles. Cela implique de mettre en place des mécanismes institutionnels solides pour enquêter, poursuivre et sanctionner les auteurs de telles violences.

Ces appels soulignent l’urgence de passer des paroles aux actes pour transformer les structures qui influencent la paix et la sécurité. L’idée est de faire de la participation et de la protection des femmes non seulement un engagement réitéré, mais une réalité soutenue par des efforts concrets et mesurables. Le respect de ces principes est crucial pour renforcer la résilience des sociétés face aux conflits et pour construire une paix durable et inclusive.