Pluies inconstantes : le climat se diversifie, selon Dr Mouldjidé
Irrégularité des pluies au Tchad : le climat devient de plus en plus imprévisible
Depuis le début de la saison 2026, plusieurs régions du Tchad subissent une irrégularité notable dans le régime des pluies. Cette situation est confirmée par des données météorologiques qui révèlent des disparités significatives selon les régions. Dans un entretien avec Dr Allaramadji Mouldjidé, géomaticien et spécialiste des sciences de la terre, la situation et ses implications sur le terrain ont été analysées.
Une variabilité des précipitations confirmée
Les informations récentes suggèrent que si certaines zones enregistrent un manque de précipitations, d’autres continuent à recevoir de la pluie. La comparaison entre les mois de juillet 2025 et juillet 2026 illustre cette variabilité. Par exemple, Moundou a vu ses précipitations passer de 272,51 mm en 2025 à 160 mm en 2026, soit une baisse de 41,3 %. Parallèlement, la capitale N’Djamena a enregistré une augmentation dans les précipitations sur la même période.
Conséquences sur l’agriculture et l’élevage
L’irrégularité des pluies influence directement l’agriculture et l’élevage. Des épisodes de sécheresse peuvent entraîner un stress hydrique pour les cultures et réduire la production de pâturages. Les agriculteurs se retrouvent confrontés à des défis pour optimiser le rendement des cultures tandis que les éleveurs doivent gérer la disponibilité limitée de ressources pastorales. Dr Mouldjidé recommande aux agriculteurs d’ajuster leurs semis selon les conditions climatiques et aux éleveurs d’anticiper les mouvements du bétail.
Des facteurs naturels et climatiques en jeu
La rareté des pluies au Tchad est principalement influencée par la dynamique de la mousson ouest-africaine et le mouvement du Front Intertropical, qui régulent l’apport d’air humide. Outre ces phénomènes naturels, les températures de surface des océans contribuent également à modifier le climat. Les prévisions émises par les experts, comme celles du PRESASS, envisageaient déjà un risque de déficit pluviométrique pour cette saison.
Le changement climatique, un amplificateur
Bien que la variabilité naturelle des précipitations dans le Sahel explique en partie la situation actuelle, le réchauffement climatique joue également un rôle en rendant les saisons des pluies plus irrégulières. La bande sahélienne a connu une hausse des températures de 1 à 1,5 °C depuis les années 1970. Ces conditions exacerbent les besoins en eau pour les cultures et intensifient les risques de sécheresse.
Prévisions à court terme et recommandations
Les prévisions pour la poursuite de la saison des pluies restent incertaines. Si certaines régions devraient continuer de recevoir des précipitations, leur répartition pourrait être erratique. Les experts suggèrent que le nord et le centre du Tchad feront face à des précipitations occasionnelles, tandis que les régions du sud pourraient voir persister les pluies jusqu’à la fin de la saison.
Dr Mouldjidé conseille aux populations de ne pas céder à la panique et souligne l’importance de suivre les bulletins météorologiques. L’adaptation et l’anticipation doivent devenir des priorités pour les décideurs, afin de mieux gérer la variabilité climatique croissante. Cette situation rappelle à quel point il est crucial de renforcer les capacités d’adaptation aux changements climatiques pour prévenir les perturbations socio-économiques dans le pays.