RDC : Le gouvernement défend l’éducation face aux conflits

RDC : le gouvernement protège les parcours académiques et refuse que l’enseignement supérieur devienne un butin de guerre

Face à la situation préoccupante au sein des établissements d’enseignement supérieur du Nord-Kivu et du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo, le gouvernement congolais a annoncé des mesures conservatoires. Cela fait suite à l’ingérence de l’AFC/M23, un groupe armé souvent décrit comme étant un supplétif du Rwanda, qui a perturbé le fonctionnement de certaines institutions académiques en évincant les comités de gestion légitimes pour y installer ses propres membres.

Cette intervention gouvernementale vise à assurer la protection des étudiants et la continuité de leurs études. Les mesures, qui ont été prises pendant la période de vacances académiques, concernent spécifiquement onze établissements publics situés à Goma et Bukavu. Le but est de préserver la régularité des cursus et la valeur des diplômes, tout en permettant aux étudiants d’être orientés vers des institutions conformes aux exigences légales du pays avant le début de l’année académique 2026-2027.

Le gouvernement précise que ces mesures ne représentent pas une fermeture généralisée des établissements d’enseignement supérieur dans ces régions, ni un abandon des étudiants ou des populations vivant sous l’occupation. Au contraire, tous les acquis académiques déjà obtenus sont protégés, et aucun étudiant ne se verra contraint de reprendre son parcours depuis le début. Un suivi régulier sera mis en place pour adapter ces mesures en fonction de l’évolution de la situation sécuritaire et des conditions de fonctionnement des établissements concernés.

Sur le plan juridique, ces décisions s’appuient sur les articles 42, 43 et 45 de la Constitution congolaise, ainsi que sur la Loi-cadre n° 14/004 du 11 février 2014 relatif à l’enseignement national. Les principes énoncés dans des instruments internationaux comme le Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels et la Charte africaine des droits de l’homme renforcent également ce cadre. Le gouvernement insiste sur le fait qu’aucune entité, quelle qu’elle soit, ne peut revendiquer de compétences administratives ou académiques sur les établissements congolais sous prétexte d’occupation.

De plus, le gouvernement a souligné son engagement à ne pas abandonner les enseignants qui, eux aussi, éprouvent les conséquences de l’agression. Ces derniers continuent de percevoir leur rémunération, même s’ils sont déplacés ou en situation de réfugié. Le gouvernement examine avec soin les situations individuelles, notamment celles liées à des collaborations éventuelles avec l’AFC/M23, en respectant les droits de la défense.

Alors que des conditions difficiles persistent, l’État affirme qu’il n’a jamais cessé de soutenir les services publics. Les agents de l’État continuent de recevoir leur salaire, et des efforts sont déployés pour maintenir un minimum de services en faveur des populations vivant dans les zones touchées.

Le gouvernement congolais réaffirme sa détermination à protéger les parcours académiques des étudiants ainsi que les droits des enseignants dûment reconnus. Dans ce contexte de tension, il continue de travailler à la restauration de l’autorité de l’État dans les territoires occupés et à la réhabilitation des institutions de la République. Cette démarche vise à garantir la continuité de l’éducation et à éviter que l’enseignement supérieur ne soit utilisé comme un outil de guerre, dans une région où la stabilité reste fragile.