Sao U18 à l’Afrobasket : un exploit, besoin d’investissement
Lors des quarts de finale de l’AfroBasket U18 qui se sont tenus à Abidjan, l’équipe nationale du Tchad, les Sao, a eu un parcours riche en surprises malgré une élimination par le Cameroun sur un score de 49 à 77. Ce bilan révèle tant les forces que les lacunes du basketball tchadien, soulevant des questions sur l’avenir de cette discipline dans le pays. Le chroniqueur sportif Ressemadji Ngandjibaye Keita, figure importante du journalisme sportif tchadien, estime que malgré l’élimination, les performances des Sao illustrent un important potentiel qui mérite d’être soutenu et développé.
Durant la compétition, les Sao ont su se démarquer en battant des équipes prestigieuses telles que le Nigéria et l’Égypte, marquant ainsi leur présence sur la scène continentale. Toutefois, leur défaite face à une équipe camerounaise composée de joueurs évoluant à l’international a mis en lumière les limites de l’équipe tchadienne, principalement constituée de joueurs locaux.
Selon Keita, les conditions de préparation des Sao ne leur ont pas permis d’affronter les équipes mieux équipées et préparées comme le Cameroun. Le Tchad a joué avec les locaux et le temps de préparation n’a jamais suffi aux jeunes d’affronter une équipe bien outillée », a-t-il souligné. Néanmoins, finir à la sixième position de ce tournoi est loin d’être anecdotique pour le pays, d’autant plus qu’ils n’avaient pas de préparation optimale en amont.
Un des phénomènes marquants du tournoi a été la performance du jeune joueur Yaya Ngaba, dont l’impact sur le jeu des Sao a été crucial. Son influence, bien que freinée par les adversaires au fil des matchs, a permis à l’équipe de tenir tête face à des formations plus expérimentées. Keita note que « son impact a été très important pour le jeu », et il regrette les ajustements tactiques des équipes adverses qui ont su contrer son influence.
Plus qu’une simple compétition, l’AfroBasket U18 représente pour Keita un appel à l’action envers les décideurs du sport tchadien. L’urgence, selon lui, est de pouvoir offrir aux jeunes sportifs des infrastructures adéquates et des opportunités de formation de haut niveau, aussi bien localement qu’à l’international. « Pour le moment, il faut vraiment chercher à investir sur cette industrie qu’est le basketball », plaide le chroniqueur. Sa vision englobe la nécessité de maintenir les jeunes talents ensemble dans des centres de formation parfaitement équipés, ce qui pourrait permettre une transition efficace vers l’équipe nationale senior.
L’analyse de Keita trouve un écho évident dans le contexte actuel du basketball tchadien, où le manque de ressources pose un frein au développement du sport. Il apparaît impératif pour le Tchad de saisir la dynamique actuelle créée par cette génération de joueurs talentueux, comme l’ont démontré les Sao, pour capitaliser sur ces acquis à l’avenir.
Le parcours des Sao U18, bien que marqué par une sortie prématurée en quarts de finale, reste une performance mémorable qui appelle à une réflexion stratégique pour l’avenir du basketball au Tchad. Transformant des exploits ponctuels en succès durables semble être le défi principal qui attend la fédération nationale ainsi que l’ensemble des acteurs impliqués dans la promotion et le développement de ce sport dans le pays. Les graines du succès étant semées, il revient maintenant au Tchad de les arroser pour en récolter les fruits.