Tchad : 8 présidents en 66 ans

Tchad : 8 présidents en 66 ans d’indépendance

Depuis son indépendance acquise le 11 août 1960, le Tchad a traversé de nombreuses périodes de turbulences politiques, illustrées par la succession de huit chefs d’État, chacun porté au pouvoir dans des circonstances variées.

Le tout premier président du Tchad, François Tombalbaye, est arrivé au pouvoir en tant que Premier ministre en 1959. Cet instituteur, né en 1918 à Bessada, mène le pays vers l’indépendance. Il met en place un régime de parti unique dès 1962, dans le but de cimenter la stabilité du jeune État. Cependant, son autoritarisme croissant et les tensions économiques entraînent un mécontentement généralisé, culminant en une rébellion en 1965. Tombalbaye est finalement renversé et tué lors d’un coup d’État le 13 avril 1975.

Après cette période, le général Noël Milarew Odingar dirige brièvement le pays avant que le Conseil supérieur militaire ne désigne Félix Malloum comme chef de l’État. Né en 1932, Malloum tente de rétablir la paix face à une rébellion active. Malgré des tentatives de réconciliation, comme l’accord ayant nommé Hissène Habré Premier ministre en 1978, il échoue à contenir les rivalités armées. Ces conflits s’intensifient, menant à la guerre civile de N’Djaména en 1979, et Malloum finit par démissionner.

Lol Mahamat Choua prend les rênes du pays en avril 1979, après l’échec d’une réconciliation nationale. Son mandat est court, marqué par l’instabilité politique, et il est remplacé en septembre par Goukouni Weddey, suivant les accords de Lagos. Weddey préside un gouvernement de transition, mais les divisions internes persistent. Son régime prend fin en 1982, lorsque les Forces armées du Nord, dirigées par Hissène Habré, s’emparent de N’Djaména.

Habré, né en 1942, établit un gouvernement caractérisé par la centralisation du pouvoir et la répression sévère des opposants via la DDS, sa police politique. Les années 1980 voient la poursuite de conflits contre les forces libyennes et le contrôle territorial. En 1990, il est renversé par Idriss Déby.

Idriss Déby accède au pouvoir le 1er décembre 1990. Cet ancien compagnon de Habré promet une transition vers la démocratie, facilitant l’adoption d’une nouvelle Constitution et organisant les premières élections pluralistes en 1996, élections qu’il remporte successivement jusqu’en 2021. Son régime est marqué par des réformes constitutionnelles qui alimentent les controverses.

Le décès d’Idriss Déby Itno, annoncé par l’armée le 20 avril 2021 après des combats contre le FACT, conduit à la prise du pouvoir par son fils, le général Mahamat Idriss Déby Itno. À la tête d’un Conseil militaire de transition, il initie un Dialogue national inclusif pour préparer une nouvelle ère politique.

La transition politique aboutit par une nouvelle Constitution en décembre 2023 et à une élection présidentielle en mai 2024, que Mahamat Idriss Déby remporte. Le processus supervise la mise en place d’une gouvernance affirmée vers la stabilité, dans un pays aux nombreux défis internes et régionaux.